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Maison de la Francophonie: «la priorité numéro 2 après l’université»

Martin Normand s'interroge sur la dualité en Ontario. Archives #ONfr

TORONTO – Une fois que le projet d’une université francophone en Ontario ira de l’avant, celui d’une Maison de la francophonie pourra aussi débloquer, selon Richard Kempler, l’un des instigateurs de ce projet franco-torontois.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Le projet de la Maison de la francophonie de Toronto, sous sa mouture actuelle, célèbre ses dix ans cette année. «Je pense qu’en 2006, tout le monde était persuadé qu’on aurait la maison à brève échéance. Le temps a joué contre nous. Les circonstances et les alignements n’étaient pas favorables. Il y a un peu de déception, mais je préfère regarder en avant», affirme Richard Kempler, membre du conseil d’administration du projet de Maison.

Il se montre maintenant réaliste. «Nous sommes la priorité numéro deux après l’université franco-ontarienne», dit-il. «Tant qu’il n’y a pas de décision politique d’affecter un budget pour l’université, on ne pourra pas avancer les pions de la Maison de façon concrète.» Une conclusion qu’il tire maintenant après les discussions qu’il a eues récemment avec des représentants du gouvernement ontarien.

richard kempler

Le bâtiment dont il rêve, tout comme plusieurs membres de la communauté franco-torontoise, doit être un «guichet central de produits et de services en français et un phare culturel de la langue et de la culture françaises».

Après de nombreux obstacles et des difficultés à convaincre les différents paliers de gouvernement, il partage maintenant un nouvel échéancier.

«Le gouvernement ontarien va décider autour de juin 2017 pour l’université francophone. L’an prochain, il y a aussi le 150e du Canada,  qui serait une bonne occasion pour annoncer quelque chose pour une ouverture d’une Maison en 2018. C’est notre nouvelle cible» – Richard Kempler, CA du projet de Maison de la francophonie

M. Kempler dit comprendre pourquoi l’université francophone est la priorité et que cela lui est dit plus clairement par les décideurs. «L’université touche plus de monde et c’est plus lourd en terme de financement et de développement. Mais je crois qu’il y aura une fertilisation croisée entre l’Université et la Maison», dit-il.

En coulisse, à Queen’s Park, un intervenant gouvernemental au fait du dossier avait déjà confié à #ONfr que deux projets francophones d’une telle ampleur ne pouvaient pas aller de l’avant au même moment en raison de leurs coûts. La communauté allait devoir choisir un projet prioritaire, avait-il laissé tomber.

Les «planètes politiques» sont toujours alignées, selon M. Kempler. L’an dernier, le maire de Toronto, John Tory, avait confirmé au micro d’#ONfr son désir d’aider le projet de Maison. «Aujourd’hui, nous sommes dans un ordre du jour», dit-il concernant les discussions qu’il a aussi eu avec les autres paliers gouvernementaux.

L’Agence fédérale de développement économique pour le Sud de l’Ontario (FedDev Ontario) s’est aussi montrée disposée à accorder une subvention à la Maison pour effectuer différentes études pour la réalisation du projet, se réjouit M. Kempler.

Cela s’ajouterait à la somme de 150 000 $ dans les coffres de son organisation, qui avaient notamment été amassés lors d’un souper-bénéfice parrainé par l’ancien premier ministre canadien, Jean Chrétien. «C’est symbolique quand on parle d’un projet de 25 à 35 millions de dollars. Mais ça nous permet d’exister et de continuer à faire des études et des plans d’affaires», affirme M. Kempler.

La communauté franco-torontoise est aussi toujours mobilisée derrière son projet, insiste-t-il. Et le temps presse, notamment pour le Collège Boréal qui serait le principal locataire. D’ici 2020, l’institution doit se trouver des nouveaux locaux et a montré son désir de s’installer dans la futur Maison de la francophonie.

Les administrateurs du projet ont longtemps lorgné un bâtiment du centre-ville de Toronto pour y établir le projet. Il n’est plus disponible, affirme M. Kempler.

Les yeux sont maintenant tournés vers un autre immeuble. Une portion d’une ancienne école pourrait être transformée en centre communautaire près de la station de métro Landsdown. «Ce serait un espace de 30 000 pieds carrés. C’est un peu petit pour nous, mais ce serait un début», dit-il. La Maison suit de près les développements dans ce dossier.

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Les administrateurs du projet de Maison de la francophonie espèrent sinon hériter d’un immeuble qui pourrait se trouver dans le rapport d’un comité torontois chargé de recenser l’ensemble des bâtiments municipaux sous-utilisés à Toronto.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.