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L’Ontario souhaite protéger davantage l’eau potable

Le gouvernement ontarien prend des mesures pour contrôler l'utilisation de l'eau potable par les grands embouteilleurs Crédit image : Association canadienne des boissons

TORONTO – Après plusieurs semaines de controverse, le gouvernement ontarien propose un moratoire de deux ans pour limiter le nombre d’embouteilleurs qui puisent dans les ressources en eau potable de la province.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

En chambre, le lundi 17 octobre, le ministre de l’Environnement Glen Murray a assuré que les changements proposés pourront permettre de «protéger les ressources d’eau de la province pour les générations à venir».

Le moratoire proposé vise les nouvelles entreprises d’embouteillage qui souhaitent prélever de l’eau de sources souterraines ainsi que les installations qui augmentent leur capacité à cet égard. La province suggère également d’établir des règles plus strictes pour le renouvellement des permis déjà délivrés.

Depuis plusieurs semaines, l’opposition exige du gouvernement Wynne qu’il pose des gestes pour limiter les activités des grands embouteilleurs qui pompent de notre sol des milliers de litres «d’or bleu».

Le débat a fait surface à la suite des efforts menés par la multinationale Nestlé pour augmenter la quantité d’eau qu’elle puise dans le sous-sol de l’Ontario.

L’entreprise espérait demander un permis pour un nouveau puits à Centre Wellington, tout en renouvelant ses permis à Aberfoyle. Nestlé pompe chaque jour jusqu’à 4,7 millions de litres d’eau potable à Aberfoyle et Erin.

Des demandes accueillies par une levée de boucliers par de nombreux citoyens et activistes environnementaux, qui exigeaient des tarifs plus élevés pour le prélèvement d’eau potable. À titre de comparaison, un permis d’approvisionnement en eau souterraine coûte 70$ par million de litres d’eau au Québec, alors qu’il est de 3,71$ en Ontario.

Le gouvernement Wynne n’a pas encore fait d’annonce concernant des changements éventuels à ce qui a trait aux tarifs exigés aux embouteilleurs. «Le gouvernement examine de près la façon dont la tarification et d’autres outils pourraient être utilisés pour contribuer à mieux gérer et à protéger les ressources hydriques de la province. Il fera le point à ce sujet plus tard cet automne», s’est contentée de dire la province dans une déclaration.

Glen Murray, ministre de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique de l'Ontario. François Pierre Dufault

Questionné par #ONfr, le ministre Murray a affirmé que de nouvelles propositions tarifaires seraient faites au cours des prochaines semaines. Il a affirmé que le modèle québécois en cette matière est un «bon exemple» que l’Ontario pourrait suivre.


Pendant la durée du moratoire, l’Ontario prévoit aussi :

·  entreprendre des recherches pour approfondir les connaissances sur les eaux souterraines en Ontario;

·  réviser les règles actuelles afin de protéger adéquatement les eaux souterraines pour les générations à venir;

·  obtenir des commentaires du public et une rétroaction sur le processus actuel de l’Ontario pour la délivrance de permis d’exploitation des eaux souterraines et sur la gestion de cette ressource à l’avenir.


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Le chef de l’opposition officielle, Patrick Brown, a des doutes sur les mesures proposées par le gouvernement Wynne.

«C’est un pas dans la bonne direction, mais je me demande pourquoi ça a pris treize ans avant d’agir. Il y a de l’attention médiatique et j’espère que l’objectif du gouvernement n’est pas seulement de calmer le jeu pour repousser en avant. J’espère qu’ils sont sincères dans leur démarche», a-t-il affirmé, à la suite de l’annonce du gouvernement libéral.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.