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L’Ontario poursuit son combat contre la violence sexuelle

La première ministre ontarienne Kathleen Wynne. Archives

 

SCARBOROUGH – Chaque jour, 1000 gestes de violence sexuelle sont commis au pays. Seulement 33 de ces victimes iront chercher de l’aide. Il faut dénoncer davantage ce type de violence et offrir plus de services aux personnes touchées par ces drames, selon le gouvernement de l’Ontario qui passe à l’action.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Plusieurs femmes ne se sentent pas en sécurité dans notre province». Les mots lourds de sens ont été prononcés, vendredi 21 août, par la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, lors d’une visite à l’Hôpital de Scarborough. Elle a ainsi annoncé des sommes supplémentaires pour venir en aide aux victimes d’actes de violence sexuelle.

L’Ontario investit 1,1 million$ par année au cours des trois prochaines années pour améliorer les services d’aide psychologique en milieu hospitalier offerts dans toute la province aux survivantes d’agression sexuelle et de violence familiale.

Une somme est aussi dédiée à l’élaboration d’un programme de sensibilisation communautaire visant à encourager les victimes à aller chercher l’aide dont elles ont désespérément besoin. L’annonce de vendredi s’inscrit dans le cadre du plan d’action Ce n’est jamais acceptable, qui vise à mettre fin à la violence et au harcèlement sexuels.

«Notre travail est cependant loin d’être terminé, on a tellement de chose à faire. Il faut avoir les bons services et avoir les bonnes discussions, notamment avec nos jeunes et les citoyens qui viennent d’un peu partout», a soutenu la première ministre.

Kathleen Wynne a tenu à préciser que les services offerts sont aussi accessibles aux hommes. «Il y a aussi des hommes qui ne se sentent pas en sécurité dans la province. Il faut le dire aussi. Il y a plus de gestes de violence sexuelle commis contre les femmes, selon les statistiques. Mais il demeure que tout le monde doit se sentir en sécurité et rapporter ce type de gestes déplacés», a-t-elle ajouté.

 

Le français sous surveillance

Maïra Martin, directrice de l’organisme Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, salue l’annonce du gouvernement. Elle espère cependant que les hôpitaux qui doivent servir toute la population penseront aux besoins des femmes francophones de l’Ontario.

«La province en est à son deuxième plan d’action contre la violence et le harcèlement sexuel. L’Ontario fait beaucoup de choses et du financement est disponible, mais encore pas assez en matière de services en français. Il faut une amélioration des services en français dans les centres hospitaliers», soutient Mme Martin.

Elle rappelle que le plan d’action Ce n’est jamais acceptable ne fait aucune mention des besoins plus spécifiques des communautés francophones. «Et ça c’est un recul, selon nous, comparativement au plan de 2011 qui en parlait», dit-elle.

Mme Martin attend aussi impatiemment les annonces du gouvernement pour venir en aide financièrement aux centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

À l’image de la première ministre ontarienne, Maïra Martin appelle les victimes d’agressions sexuelles et de violence sexuelle à dénoncer leurs agresseurs et à aller chercher de l’aide.

«Plusieurs personnes pensent qu’une fellation imposée, un baiser de force ou se faire toucher les fesses, ce ne sont pas des agressions sexuelles. Mais chaque fois qu’une personne se fait toucher sans son consentement et qu’il y a un contact physique, il s’agit d’une agression sexuelle», insiste-t-elle.

Selon les données du gouvernement ontarien, une Canadienne sur trois sera victime d’une forme d’agression sexuelle durant sa vie.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.