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L’Ontario n’en ferait pas assez contre les changements climatiques

Flanqué de la première ministre Kathleen Wynne et entouré d’enfants, le ministre de l’Environnement, Glen Murray, a annoncé, le 9 juillet, le dépôt d’un nouveau projet de loi visant à interdire de façon permanente l’usage du charbon dans la production d’électricité de l’Ontario. (Photo: François Pierre Dufault)

 

TORONTO – Le gouvernement de l’Ontario n’en fait pas assez pour contrer les changements climatiques, affirme Gord Miller, commissaire à l’environnement de la province.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org@fpdufault

Si les libéraux à Queen’s Park sont sur la bonne voie pour atteindre leur objectif de réduction des gaz à effet de serre en 2014, ils risquent fort de rater leur cible de 2020, estime M. Miller dans son plus récent rapport, déposé le mercredi 9 juillet.

M. Miller dénonce un «manque de leadership» de la part des troupes de Kathleen Wynne dans la mise en œuvre du Plan d’action contre les changements climatiques de 2007.

«La plus récente preuve scientifique démontre que le rythme des changements climatiques s’accélère. Le nombre d’événements météorologiques extrêmes a augmenté de façon dramatique à travers le monde. Ici, en Ontario, le gouvernement provincial n’a pas respecté ses engagements faits il y a sept ans», a fustigé M. Miller.

Les libéraux se sont donnés pour cible, en 2014, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de la province de 6% en-deçà de ce qu’elles étaient en 1990. Mais ils ont réduit de 80% leur objectif de réduire de 19 mégatonnes d’ici 2020 les émissions de gaz à effet de serre résultant des transports.

«Nous devons limiter à 2 degrés Celcius l’augmentation de la température globale. Mais nous ne pouvons y arriver que si nous laissons les deux tiers des réserves de pétrole et de gaz naturel encore inexploitées dans le sol», a insisté M. Miller.

Le seul mérite du gouvernement sur le plan de la lutte aux changements climatiques est, aux yeux du commissaire à l’environnement, d’avoir fermé définitivement toutes les centrales électriques au charbon.

Geste significatif

Les libéraux, de leur côté, ont rappelé que la fermeture des centrales au charbon de l’Ontario était «le geste le plus significatif» pour l’environnement à travers l’Amérique du Nord.

«Nous avons beaucoup fait sur le plan de l’énergie. Nous allons maintenant nous tourner du côté des transports», a indiqué Glen Murray, nouveau ministre de l’Environnement, lors d’un point de presse peu avant le dépôt du rapport de M. Miller, le 9 juillet.

L’expansion et l’électrification prévues du réseau de trains de banlieues GO, dans la région de Toronto, pourraient amener des dizaines de milliers d’automobilistes à délaisser leur véhicule personnel, de l’avis de M. Murray. «Ces changements ne faisaient même pas partie de notre conversation, il y a un an», a-t-il précisé.

«Le commissaire (à l’environnement) ne reconnaît pas nos efforts parce qu’ils (ne font pas l’objet) d’une stratégie, à l’heure actuelle», s’est défendu M. Murray, un ancien ministre des Transports et de l’Infrastructure. «Mais, à l’avenir, nous coordonnerons les efforts de tous nos ministères pour, ensemble, obtenir des résultats».

M. Murray n’a cependant pas voulu s’avancer sur une possible refonte du programme d’analyses des émanations des véhicules Air Pur Ontario, comme le réclame l’opposition, notamment.

Projet de loi

Flanqué de la première ministre Kathleen Wynne et entouré d’enfants sur le toit vert d’un YMCA du centre-ville de Toronto, M. Murray a annoncé, le 9 juillet, le dépôt d’un nouveau projet de loi visant à interdire de façon permanente l’usage du charbon dans la production d’électricité de l’Ontario.

Il s’agit d’un calque d’un projet de loi déposé au cours de la dernière session parlementaire et mort au feuilleton lors du déclenchement des récentes élections.

La loi proposée ne s’étendrait toutefois pas au secteur privé, qui continue à employer le charbon comme source d’énergie.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org