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L’Ontario, le Québec ont le carbone dans la mire

L'Ontario et le Québec parlent maintenant «d’une même voix» au sujet des changements climatiques, a mentionné Philippe Couillard, premier ministre québécois, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue ontarienne Kathleen Wynne, à Toronto, le 21 novembre. (Photo: Michel Plaxton)

TORONTO – L’Ontario et le Québec ont à l’œil les changements climatiques. Les deux provinces ont signé une entente pour «créer une économie à faible émission de carbone», à l’issue d’un conseil des ministres conjoint, le vendredi 21 novembre.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Les deux provinces les plus populeuses au Canada ont convenu de «faire la promotion d’initiatives telles que la fixation d’un prix sur le carbone» et «d’étudier le renforcement ou l’élargissement (…) de mécanismes axés sur le marché pour réduire les émissions de gaz à effet de serre», entre autres.

L’Ontario et le Québec ont aussi convenu de «soutenir un dialogue continu» sur les changements climatiques au sein du Conseil de la fédération canadienne.

Les deux provinces parlent maintenant «d’une même voix» au sujet des changements climatiques, «notamment quant à la nécessité d’agir» et «en disant d’une façon claire qu’il faut donner une valeur au carbone», a mentionné Philippe Couillard, premier ministre du Québec, lors d’un point de presse conjoint avec son homologue ontarienne Kathleen Wynne, à Toronto.

Rappelons que l’Ontario et le Québec ont mis sur pied un groupe de travail conjoint sur les changements climatiques, fin août.

«Pas encore à la même page»

La province aux grands lacs n’est toutefois pas prête à emboîter le pas à sa voisine au grand fleuve, dans l’immédiat, sur le marché du carbone. Pas plus qu’elle n’est prête à instaurer une taxe sur le carbone. Queen’s Park n’est «pas encore à la même page» que l’Assemblée nationale à ce sujet, a reconnu Mme Wynne.

«Beaucoup de gouvernements ont mis en place des mécanismes qui aident les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et à augmenter leur productivité», a fait savoir Glen Murray, ministre de l’Environnement de l’Ontario, à #ONfr. «C’est ça, notre priorité. C’est de trouver un mécanisme qui crée des résultats positifs pour notre économie».

Mais le prix à payer pour ne rien faire risque d’être plus important encore que le prix à payer à court terme pour réduire les émissions polluantes, a insisté M. Murray, faisant ainsi écho à M. Couillard.

«Nous reconnaissons, à l’échelle du pays, que c’est un problème qui doit être résolu», a ajouté Mme Wynne.

L’Ontario doit arrêter son choix sur un «mécanisme» de lutte aux gaz à effet de serre, au cours de la prochaine année.

Partage d’électricité

Kathleen Wynne et Philippe Couillard ont également signé une entente de partage d’électricité, selon laquelle l’Ontario rendra disponible 500 mégawatts au Québec pendant l’hiver, et vice versa durant l’été.

Les deux provinces ont, par ailleurs, aligné leur accord de commerce et de coopération sur l’accord commercial entre le Canada et l’Union européenne, afin que les entreprises des deux provinces continuent à croître malgré l’arrivée d’une nouvelle concurrence d’outre-mer.

L’Ontario et le Québec ont finalement conclu un accord de reconnaissance commune de la francophonie, ayant pour but de «réaffirmer un engagement commun à protéger et faire la promotion de la culture et du patrimoine francophones».

C’est la troisième fois que les gouvernements de l’Ontario et du Québec tiennent conjointement un conseil des ministres. Une prochaine rencontre du genre doit avoir lieu dans la Vieille capitale, à pareille date, l’an prochain. «Nous récréons un bloc d’influence (…) au cœur de la dynamique politique du Canada», a souligné M. Couillard.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org