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L’Ontario lance un projet pilote sur le revenu de base

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne. Crédit image: Maxime Delaquis

HAMILTON – La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a lancé un projet pilote de trois ans à Thunder Bay, Hamilton et Lindsay pour l’instauration d’un revenu de base garanti. Grâce à ce projet, les participants vivant seuls pourront recevoir jusqu’à 16 989 $ annuellement pour bonifier leurs revenus.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Le gouvernement de l’Ontario souhaite ainsi «évaluer si un programme de revenu de base pourrait offrir un meilleur soutien aux travailleurs plus vulnérables et améliorer la santé et l’éducation des personnes à faible revenu de la province».

L’initiative débutera à la fin du printemps à Hamilton, incluant Brantford et le comté de Brant, ainsi qu’à Thunder Bay et ses environs. Le troisième volet de l’initiative commencera d’ici l’automne à Lindsay.

En tout, 4 000 personnes âgées de 18 et 64 ans prendront part au projet.

Revenu de base:

  • Jusqu’à 16 989 $ par an dans le cas d’une personne seule, moins 50 % de tout revenu gagné
  • Jusqu’à 24 027 $ par an dans le cas d’un couple, moins 50 % de tout revenu gagné
  • Un montant additionnel pouvant atteindre 6 000 $ par an dans le cas d’une personne handicapée.

Pour les personnes qui travaillent, il faut noter que le revenu de base sera réduit de 50 cents pour chaque dollar de gain. Le coût total devrait atteindre 50 millions de dollars par année.

 

Pour aider les gens plus démunis

Kathleen Wynne croit que ce projet pourra aider les personnes à faible revenu dans la province.

«Ce projet étudiera si un revenu de base pourrait accroître les opportunités et les perspectives d’emploi de ceux qui vivent avec un faible revenu, tout en assurant une plus grande sécurité pour eux et leur famille», a-t-elle déclaré en point de presse.

Kathleen Wynne a ajouté savoir que plusieurs Ontariens sont inquiets pour leur emploi et l’avenir et a indiqué que cette incertitude nécessite un travail supplémentaire du gouvernement.

Camille Quenneville, directrice de l’Association canadienne pour la santé mentale salue le projet pilote imité par le gouvernement. Selon elle, cela aura un impact significatif sur qui souffre de maladie mentale et aux prises avec des problèmes de dépendances.

«Il y a un lien entre les revenus et la santé. Ceux et celle qui ont un salaire moins élevé sont généralement ceux qui ont une moins bonne santé», souligne-t-elle.

Elle espère cependant que l’arrivée de ce nouveau revenu ne s’accompagnera pas nécessairement d’une baisse dans d’autres subventions pour ces groupes sociaux.

 

Un projet qui fait réagir à Queen’s Park

Le chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Patrick Brown, ne s’est pas dit nécessairement contre le projet. Selon lui, le gouvernement ne fait pas nécessairement fausse route avec cette idée.

«Je vais garder un esprit ouvert face à ce projet (…) lorsque nous allons étudier les résultats dans cet esprit», assure Patrick Brown.

En avance dans les sondages, le chef de l’opposition officielle à Queen’s Park indique que s’il est porté au pouvoir en 2018, il est prêt à laisser le projet pilote suivre son cours.

«Je vais laisser le projet-pilote suivre son cours et nous jugerons des résultats après. Je ne vais pas critiquer un programme simplement parce que c’est le gouvernement (libéral) qui l’a fait», s’est-il exclamé.

Il a tout de même pris soin de spécifier que bien qu’il n’exclut pas cette idée, le gouvernement est responsable de la hausse du coût de la vie.

La chef du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario (NPD), Andrea Horwath, a pour sa part été plus critique avec le projet pilote du gouvernement. Selon elle, le concept ne va pas assez loin et ne permettra pas aux personnes à faible revenu de sortir du seuil de la pauvreté.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72