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L’Ontario déploiera plus d’épandeuses l’hiver

L’Ontario a changé la formule de sélection des entrepreneurs pour l’entretien hivernal de ses routes en 2009. Bureau de la Vérificatrice générale de l'Ontario

TORONTO – Vertement critiqué par la Vérificatrice générale (VG) de l’Ontario pour avoir joué avec la sécurité des automobilistes au cours des cinq derniers hivers, le gouvernement provincial promet de mettre sur la route plus d’épandeuses de liquides déglaçants dès les premiers signes de la prochaine saison froide.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

La province a dit s’être dotée, fin juin, d’un plan d’action pour l’entretien hivernal des routes en réponse à un rapport accablant de la vérificatrice Bonnie Lysyk, deux mois plus tôt. Ce plan prévoit l’ajout d’épandeuses de liquides déglaçants sur les routes congestionnées ou isolées, et une plus grande surveillance des entrepreneurs privés à qui sont confiés les contrats de déneigement.

«Nous continuerons à investir dans de nouvelles pièces d’équipement, à augmenter notre surveillance et à améliorer les opérations d’entretien hivernal des routes, afin que les conditions routières en Ontario, qui peuvent être difficiles en hiver, soient meilleures», a déclaré Steven Del Duca, ministre des Transports, dans un communiqué.

Dans un rapport spécial, fin avril, la VG a conclu qu’un changement dans la manière d’octroyer les contrats de déneigement était à l’origine d’une importante «détérioration» de l’état des routes provinciales l’hiver depuis 2009.

L’Ontario avait alors opté pour des contrats «fondés sur le rendement» qui accordaient plus de points aux plus bas soumissionnaires, et ce, qu’ils aient ou non l’équipement nécessaire pour s’acquitter de la tâche. Résultat: des entrepreneurs sous-équipés et sous-qualifiés ont décroché d’importants contrats d’entretien routier sans avoir la capacité de les mener à bien.

 

Trop peu, trop tard?

La province aurait économisé environ 36 millions $ sur cinq ans.

Sans pointer du doigt directement le gouvernement, Mme Lysyk a reconnu que l’état des routes représentait «un facteur» pour plusieurs accidents mortels ou avec blessés survenus depuis 2009 sur les routes provinciales de l’Ontario.

Conscient d’un problème depuis l’an dernier, le ministère des Transports a déjà changé les règles d’octroi des contrats de déneigement des routes dans la région de Kenora, dans le nord-ouest de la province. Les nouveaux contrats tiennent compte davantage de la capacité des entrepreneurs à faire leur travail, selon M. Del Duca.

L’Ontario a aussi acheté 105 pièces d’équipement pour appuyer le travail des entrepreneurs privés et embauché 20 superviseurs régionaux pour garder un œil sur le déneigement des routes durant la saison froide. Des mesures qui n’auraient toutefois pas été nécessaires si la province avait conservé son système d’appel d’offres d’avant 2009.

Pour l’opposition à Queen’s Park, c’est trop peu et trop tard.

«Une kyrielle de ministres ont ignoré les fonctionnaires et les ingénieurs alors que ceux-ci les prévenaient que les routes n’étaient pas déneigées et n’étaient pas sécuritaires à cause de ces nouveaux contrats», a pesté le chef progressiste-conservateur Patrick Brown. «Ce plan arrive trop tard pour les familles qui ont perdu des êtres chers à cause de ces routes dangereuses qui auraient dû être dégagées et sécuritaires.»

«La privatisation de l’entretien hivernal de nos routes a mis les automobilistes de l’Ontario en danger à travers la province», a réagi à son tour le néo-démocrate Wayne Gates. «Mais au lieu de régler le problème, le ministre continue de mettre les intérêts des grosses compagnies devant ceux des automobilistes.»

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org