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L’Ontario dans l’OIF: des consultations sur la suite des choses

Le Sommet de la francophonie s'est déroulé en novembre dernier, à Antananarivo (Madagascar). Crédit photo : Gracieuseté

TORONTO – L’Ontario compte mener des consultations auprès des Franco-Ontariens pour déterminer la nature de l’engagement qu’elle aura au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). À l’image des autres membres, elle veut trouver une sphère où elle pourra faire une différence dans la francophonie mondiale.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«C’est certain qu’on va consulter notre francophonie et nos organismes francophones. On est en train d’explorer ces possibilités et d’identifier des gens qui peuvent nous aider pour les projets à venir», a indiqué à #ONfr la ministre déléguée aux Affaires francophones, Marie-France Lalonde.

La province est devenue membre observateur de l’OIF le samedi 26 novembre, à Antananarivo, au Madagascar, lors du XVIe Sommet de la Francophonie.

Au gouvernement, on planche actuellement sur différents scénarios de consultations plus ou moins élargis. Il se pourrait que l’ensemble des citoyens soient invités à partager leur vision de l’Ontario dans l’OIF ou que l’on se contente de prendre le pouls des organismes qui représentent la communauté franco-ontarienne, notamment l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

La province souhaite par cette démarche que les Franco-Ontariens s’approprient cette adhésion à l’une des organisations internationales les plus prestigieuses. Les consultations seraient l’un des moyens mis de l’avant pour bâtir la fierté autour de cette adhésion, selon une source gouvernementale.

Au cours de son séjour à Madagascar, la ministre a pu discuter avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau, ainsi que ceux du Québec et du Nouveau-Brunswick. Ces discussions, ainsi que les rencontres qu’elles a eues avec différents représentants de gouvernements de la francophonie, l’ont éclairée sur les besoins actuels dans plusieurs pays membres. «On a eu de beaux échanges avec beaucoup de pays de la francophonie», affirme-t-elle. Sans en dire davantage, Mme Lalonde souligne que ces échanges pourront l’orienter dans ses décisions futures dans les actions à mener.

 

Quelle «niche» pour l’Ontario ?

Chacun des membres canadiens de l’OIF a sa sphère d’action spécifique où il mène différentes initiatives et tente de faire une différence. Le Canada se bat pour l’accroissement des droits accordés aux femmes et à la communauté LGBTQ dans les pays membres de l’organisation.

Les provinces que sont le Québec et le Nouveau-Brunswick ont aussi leur cheval de bataille. Le Québec travaille à la lutte contre la radicalisation et partage son expertise dans ce domaine avec les autres pays membres. Le Nouveau-Brunswick, lui, a choisi de travailler au développement des programmes de formation technique dans les pays en voie de développement.

L’entrée de l’Ontario dans l’OIF est décrite comme un moment «historique» par la ministre Lalonde. Depuis son entrée en fonction, elle répète sur toutes les tribunes qu’elle souhaite travailler pour la jeunesse. Il se pourrait qu’un projet en lien avec les nouvelles générations soit donc mis de l’avant.

«Il faut se trouver une niche où on a nos forces et qui va être complémentaire avec ce qui se fait dans les autres provinces. Tous ensemble, on a une grande force considérant que nous avons au total quatre sièges. À l’interne, on va faire notre travail pour explorer quel genre de dossiers on veut se créer, quelle niche», dit-elle.

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Lorsqu’elle est interrogée sur les secteurs où l’Ontario pourrait faire une différence, la ministre évoque différentes sphères d’action possibles. «Il y a beaucoup d’expertises en Ontario, que ça soit en agriculture, dans notre système d’éducation, en matière de culture, de développement économique…», dit Mme Lalonde.

C’est aussi dans le secteur choisi que l’Ontario aura à injecter de manière volontaire une somme monétaire. Ce montant est déterminé en fonction du Produit Intérieur Brut (PIB), mais l’Ontario n’écarte pas la possibilité de négocier avec l’OIF le montant de sa contribution.

L’arrivée de l’Ontario dans l’OIF pourrait changer plusieurs choses aussi pour les Ontariens, qu’il s’agisse d’une visibilité plus grande pour les francophones de la province ou d’opportunités commerciales nouvelles avec les différents intervenants étrangers des pays membres.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.