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Lisa MacLeod lance sa campagne à la chefferie progressiste-conservatrice

OTTAWA – Dernière prétendante à lancer sa campagne dans la course à la chefferie du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, la députée de Nepean-Carleton, Lisa MacLeod, a promis de construire un parti fort et uni en s’appuyant sur les thèmes traditionnels de sa famille politique.

BENJAMIN VACHET
Collaboration spéciale
bvachet@tfo.org | @bvachet

Si elle est élue, le Parti progressiste-conservateur ne fera sans doute pas de révolution.

Dans la lignée de la dernière campagne électorale, Mme MacLeod a répété les thématiques chères à son parti. Attaquant le gouvernement de Kathleen Wynne sur le scandale des centrales au gaz, elle a mis au centre de son programme la famille, le travail et l’économie, afin de reconstruire une province qu’elle juge déclinante après une décennie de règne libéral.

«Après plus de dix ans de gouvernement libéral, la province où je me suis établie n’est plus l’endroit des opportunités illimitées», a-t-elle martelé, sous les applaudissements de ses partisans.

Tout était parfaitement orchestré, dimanche 19 octobre, au Centre national des Arts, où quelque 250 personnes s’étaient réunies, dont le candidat à la mairie d’Ottawa, Mike Maguire. Aux cris de «Lisa pour l’Ontario», la foule hétérogène, composée d’aînés comme de jeunes familles, se voulait représentative de la population ontarienne, ne négligeant pas non plus les différents groupes communautaires.

Une place pour le français

À défaut de s’être exprimée en français et alors que le site Internet de son parti reste uniquement unilingue en anglais, Mme MacLeod a pris soin d’intégrer la langue de Molière. Dans son slogan, «Believe. Ontario PC. Imaginons.», tout d’abord, mais aussi dans les vidéos diffusées de ses partisans et lorsque les candidats défaits en juin dernier, Roxane Villeneuve-Robertson et Fred Sherman, sont venus la présenter.

«Voir tous ces gens réunis aujourd’hui prouve que le Parti progressiste-conservateur est de retour et je veux faire partie de son renouveau. Le 12 juin dernier a été le jour le plus difficile de ma carrière politique, mais je pense qu’en s’appuyant sur nos membres et en les écoutant, nous allons pouvoir rebâtir notre parti, puis notre province», a-t-elle expliqué.

Pour parvenir à ses fins, Mme MacLeod, 39 ans, s’appuiera sur les députés Steve Clark, de Leeds-Grenville, Garfield Dunlop, de Simcoe-Nord, Julia Munro, de York-Simcoe et Jim McDonnell, de Stormont-Dundas-et-Glengarry-Sud, venus lui apporter leur soutien au même titre que l’ancienne mairesse d’Ottawa, Jacqueline Holzman.

Ressemblance avec Tim Hudak

Toutefois, elle devra réussir à convaincre qu’elle est la mieux à même de porter le Parti progressiste-conservateur vers la victoire après quatre défaites consécutives et ce, malgré un discours qui ressemble à s’y méprendre à celui de l’ancien chef, Tim Hudak, dont elle était proche.

«Je possède ma propre voix, mes propres idées et ma propre manière de penser», se défend-elle. «J’ai mon plan pour rebâtir notre parti. Cela doit se faire autour de notre base et de nos valeurs. Étant très connectée avec les Ontariens, les mamans-hockey et les néo-ontariens, je suis bien placée pour restaurer la confiance en notre parti».

À demi-mot, le député Garfield Dunlop reconnait que la différence entre M. Hudak et Mme MacLeod réside plus sur la forme que sur le fond.

«Je travaille avec Lisa depuis plus de neuf ans et j’ai eu l’occasion d’apprécier son dynamisme, son enthousiasme et son leadership. Je pense qu’elle a les qualités pour être la chef du Parti progressiste-conservateur, puis de notre province. Notre parti est prêt à être dirigé par une femme comme elle. Elle va apporter son enthousiasme et redonnera à notre parti cette capacité à rester connecté avec la base».

Course à cinq

À la veille de la reprise des travaux parlementaires, Mme MacLeod a assuré être prête à siéger comme chef de l’opposition, avant de reprendre les rênes du pouvoir.

«Ce ne sera certainement pas facile mais nous allons travailler très fort pour y parvenir», prévient-elle.

Au total, cinq candidats sont en course pour succéder à Tim Hudak à la tête du parti. Aux côtés de Mme MacLeod, les députés provinciaux Vic Fedeli, de Nipissing, Christine Elliott, de Whitby-Oshawa, et Monte McNaughton, de Lambton-Kent-Middlesex, de même que le député conservateur fédéral Patrick Brown, de Barrie, sont en lice.

Le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario sera choisi le 9 mai 2015.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org