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L’incohérence qui clarifie: le financement du NPD en Ontario

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) d'Andrea Horwath semble pris dans un scandale qui semble mettre en lumière son refus d’appuyer les changements dans le financement des partis politiques ontariens. Archives, #ONfr

[CHRONIQUE]
C’est sans secret que les néo-démocrates de l’Ontario sont dans la soupe chaude depuis les dernières années. Après la misérable performance des dernières élections que la chef Andrea Horwath a tenté de traduire en victoire, le Nouveau Parti démocratique (NPD) est désormais enseveli dans un nouveau scandale qui semble mettre en lumière son refus d’appuyer des changements dans le financement des partis politiques.

SERGE MIVILLE
Chroniqueur invité
@Miville

C’est un secret de polichinelle que le NPD est proche des syndicats de la province. Le NPD fédéral a été créé au lendemain d’une fusion entre la Co-operative Commonwealth Federation et des syndicats. C’est dans leur sang, autant que c’est dans celui des entreprises privées, qui n’ont d’intérêts que ceux de leurs actionnaires, de faire des pieds et des mains pour financer les machines libérale et progressistes-conservatrice.

Le Toronto Star nous rapporte que les néo-démocrates, eux, sont financés en partie par une entreprise qu’ils ont créée avec des syndicats, le tout fait dans le secret des dieux et sans réelle transparence. Pire, le NPD semble incapable de donner l’heure juste sur l’entreprise Cornerstone qui aide à financer le NPD. Si ce n’est assez, les députés néo-démocrates, dont Gilles Bisson, prônent une ignorance absolue de la situation.

 

Le parti de la justice sociale?

Dans l’arène politique, les néo-démocrates sont souvent vus comme le parti de la justice sociale et de l’humanisme, dont manqueraient les autres partis représentés à Queen’s Park. Or, le manque de transparence ne fait que réduire de nouveau la crédibilité déjà épuisée du deuxième parti d’opposition et de sa chef, qui semble être incapable de diriger son parti à travers les eaux troubles. Il est moralement incohérent pour le NPD de tergiverser autant sur la question du financement des partis politiques.

Le problème est énorme. Un simple exemple suffit: The Beer Store finance à coup de millions les partis politiques en Ontario. La conséquence? La «libéralisation» du marché de la bière a été bâclée. Seules les grandes surfaces peuvent vendre quelques types de bières en des formats restreints, en raison de la politique libérale en la matière. Le financement des partis politiques a un effet immédiat et néfaste sur la politique ontarienne, nul ne peut plus en douter.

Enfin, le plus comique, selon moi, demeure le fait que tous mes amis néo-démocrates demeurent muets sur la question. Ils sont tout aussi complaisants que la chef qu’ils adorent.

 

Serge Miville est docteur en histoire et chargé de cours en histoire à l’Université Laurentienne.

Note: Les opinions exprimées dans cette chronique n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de #ONfr et du Groupe Média TFO.