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L’importance de sensibiliser les jeunes à la culture francophone

Envoyer des enfants dans une école francophone reste un débat permanent. Courtoisie

[CHRONIQUE]

J’ai longtemps travaillé avec des jeunes en minorité linguistique. Ils m’ont partagé de nombreux défis auxquels ils font continuellement face. En ce temps de rentrée scolaire, voici mes conseils sur ce que vous pouvez faire pour appuyer votre enfant inscrit à l’école française.

CÉLESTE GODIN
Chroniqueuse invitée
@haligeenne

L’École ne francisera pas votre enfant toute seule

Les écoles de langue française qui sont aujourd’hui au centre de nos communautés ont été acquises par des efforts considérables, et c’est magnifique que vous y ayez inscrit votre enfant pour lui donner le cadeau du français et de l’ouverture sur le monde à laquelle mène cette langue. Mais l’école n’est qu’une partie de sa journée, et les enfants vivent leurs vies surtout ailleurs: à la maison, dans les activités auxquelles vous les inscrivez, dans leur communauté. S’ils vivent surtout ou totalement en anglais à l’extérieur de l’école, ils ne seront probablement pas pleinement épanouis dans leur identité culturelle francophone, peu importe la qualité de l’enseignement et les investissements en construction identitaire du milieu scolaire. C’est une question de combien de temps ils pensent et vivent et parlent en français, et de la diversité des lieux où ça leur arrive.

Si vous voulez un enfant qui osera parler en français avec des gens au vocabulaire soutenu et qu’il se sente outillé assez pour postuler pour les opportunités qui vous ont peut-être motivés pour l’inscrire à son école, ça prend un effort supplémentaire.

 

Entourez votre enfant de culture

Si votre enfant absorbera par osmose la culture anglophone de sa région, il est important de l’exposer à un maximum de culture francophone. Connaître des artistes francophones aidera votre enfant à sentir une appartenance à la francophonie et réduira l’ampleur de son complexe d’infériorité quand il rencontra des gens «plus» francophones que lui.

Traînez votre enfant dans tous les spectacles et activités que vous pouvez, jouez de la musique en français dans l’auto, écoutez des émissions en français à la télé, et remplissez sa bibliothèque de livres en français. J’ai écrit quelques chroniques sur comment utiliser le web pour avoir accès à de la culture en français, disponibles ici, et ici.

 

Pro-français n’est pas anti-anglais

Les enfants issus des familles exogames m’ont souvent parlé de comment ils sentaient parfois exclure leur parents anglophones lorsqu’ils parlent français en leur présence. Ils ne veulent pas nuire à la cohésion familiale par leur participation à la vie francophone.

Les sentiments des parents envers la langue sont souvent répétés chez les enfants. Nous avons tous des émotions compliquées, surtout si on vient de familles qui ont vécu l’assimilation et qui vivent du regret ou de la jalousie par rapport à ceux qui ont  la chance de pouvoir apprendre le français, chance qu’ils n’ont pas eu eux-mêmes.

C’est important que votre enfant sache qu’être pro-français n’est pas être anti-anglais. Que tout le monde est content qu’il parle français et de l’entendre le faire, même sans comprendre la langue. Que parler cette langue, c’est normal, et n’exclut personne.

 

Montrez-leur par exemple

Ne laissez pas votre enfant être la seule personne de votre famille qui fait un effort de parler en français. Faites une heure de français par soir en famille, où tout le monde participe. Apprenez la langue avec eux. Consommez de la culture en français devant eux. Ne dites jamais que vous parlez mal en français. N’arrêtez pas de parler la langue même si vous êtes gênés que votre enfant la parle mieux que vous. Inspirez-vous de l’histoire de mon ami Joseph Dunn, de la Louisiane. Soyez l’exemple d’un francophone qui fait l’effort de parler sa langue et de vivre sa culture.

 

Ne vous découragez pas

Ce n’est pas facile d’élever un enfant francophone en milieu minoritaire. Viendra probablement le jour où il parlera en anglais à ses amis d’école autant à la maison qu’en classe. Ce n’est pas signe de votre faillite parentale, mais plutôt un comportement normal dans la plupart des écoles. Soyez patients avec lui, et continuez de lui offrir un environnement francophone à la maison. Si vous lui avez montré que le français est une valeur familiale, cette appartenance lui restera et lui permettra de revenir à sa langue si la vie le mène sur un chemin où il s’en éloigne.

Vous avez fait un excellent choix en inscrivant votre enfant à une école française. Vos efforts continus mèneront à son but et vous serez un jour le fier parent d’un adulte francophone. J’ai confiance en vous.

 

Céleste Godin est une écrivaine et militante acadienne de la Nouvelle-Écosse.

Note: Les opinions exprimées dans les chroniques publiées sur #ONfr n’engagent que leurs auteur(e)s et ne sauraient refléter la position de #ONfr et du Groupe Média TFO.