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Libéraux et progressistes-conservateurs à couteaux tirés sur l’emploi

Le chef progressiste-conservateur Tim Hudak a qualifié le plan libéral de création d’emplois d’«invitation irrésistible à la corruption» devant des gens d’affaires de London, le 23 mai. (Photo: François Pierre Dufault)

LONDON – Les libéraux et les progressistes-conservateurs de l’Ontario sont, plus que jamais, à couteaux tirés sur la question de la création d’emplois, à l’aube d’une quatrième semaine de campagne électorale dans la province.

PAR LE JOURNALISTE DE TFO, FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
FPDUFAULT@TFO.ORG@FPDUFAULT

Le plan libéral d’investir 2,5 milliards $ sur dix ans pour stimuler la croissance économique de l’Ontario ne serait rien d’autre qu’un «nouveau scandale en gestation», de l’avis du chef progressiste-conservateur Tim Hudak.

Et le plan progressiste-conservateur de créer 1 million d’emplois sur huit ans serait «mathématiquement erroné», selon Charles Sousa, ministre sortant des Finances et candidat libéral dans Mississauga-Sud.

L’emploi est devenu le principal champ de bataille pour les deux formations politiques, qui s’échangent continuellement la pole-position dans les sondages depuis le début de la campagne.

«Disons que vous administrez un fonds et que vous choisissez les gagnants et les perdants (pour du financement). Et il n’y a pas de critères d’admission. La seule manière d’obtenir un chèque est d’embaucher le bon démarcheur auprès du Parti libéral. Ça, c’est du capitalisme de connivence. Ce fonds de bien-être corporatif de 2,5 milliards $ est une invitation irrésistible à la corruption», a fustigé M. Hudak devant des gens d’affaires de London, le vendredi 23 mai.

Le plan libéral de création d’emplois risque de déboucher sur «un autre scandale des centrales au gaz», a insisté M. Hudak, faisant référence à l’annulation, au coût de 1,1 milliard $, de deux projets controversés d’installations électriques afin de sauver une poignée de sièges libéraux à la veille des élections de 2011.

S’ils sont reportés au pouvoir à Queen’s Park, le 12 juin, les libéraux souhaitent débloquer des octrois de l’ordre de 2,5 milliards $ sur dix ans pour attirer des entreprises et créer des emplois.

Les progressistes-conservateurs, eux, promettent plutôt de réduire les impôts des entreprises de 11,5% à 8%, soit le plus bas taux au Canada et aux États-Unis, pour stimuler la création d’emplois.

Bataille de chiffres

Or, le plan libéral ne serait pas une «invitation à la corruption» et encore moins un programme de «bien-être corporatif», a rétorqué M. Sousa lors d’un point de presse dans un hôtel du centre-ville de Toronto, le samedi 24 mai. «Et il y aura des critères d’admission», a-t-il précisé.

Le plan progressiste-conservateur de créer 1 million d’emplois sur huit ans est «mathématiquement erroné», a déclaré le libéral Charles Sousa, le 24 mai.  (Photo: François Pierre Dufault)
Le plan progressiste-conservateur de créer 1 million d’emplois sur huit ans est «mathématiquement erroné», a déclaré le libéral Charles Sousa, le 24 mai.
(Photo: François Pierre Dufault)

C’est plutôt au plan progressiste-conservateur qu’il faut faire gaffe, de l’avis du grand argentier de la province.

Les troupes de M. Hudak n’arriveraient pas à créer 1 million d’emplois, mais à peine 280 000 emplois sur huit ans, selon les calculs des libéraux. En somme, l’opposition sortante aurait calculé ses gains en termes d’années-personnes – une unité de mesure correspondant au travail que peut accomplir une personne pendant un an – et non en termes de nouveaux emplois nets.

Chaque nouvel emploi créé par un gouvernement progressiste-conservateur à Queen’s Park serait donc multiplié par huit, pour chacune des années du plan, et ce, peu importe si c’est la même personne qui occupe cet emploi pendant ces huit années.

De plus, les compressions de l’ordre de 100 000 emplois dans la fonction publique de l’Ontario dans la mire de M. Hudak pourraient freiner la croissance économique de la province de 1,9% par année, ce qui, selon M. Sousa, provoquerait une nouvelle récession.

«Les conclusions que tire M. Hudak sont complètement fausses et ridicules», a pesté M. Sousa. «Ses calculs sont tellement erronés que la seule question à débattre est de savoir s’il est malhonnête ou simplement incompétent».

 

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org