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Les ressortissants d’Haïti encouragés à régulariser leur situation

Le Palais national d'Haïti à Port-au-Prince, après le séisme dévastateur de 2010. (Photo: WikiCommons)
 

TORONTO – Le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada (CIC) exhorte les ressortissants d’Haïti à régulariser leur situation au pays d’ici la levée prochaine d’un moratoire sur les renvois vers leurs pays d’origine.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

La levée de ce moratoire, le 31 mai, pourrait toucher un peu plus de 3000 ressortissants haïtiens qui n’ont pas la citoyenneté canadienne, ni un statut de résident permanent au pays.

«On souhaite que (ces ressortissants) fassent des demandes de résidence permanente pour des raisons humanitaires», a expliqué Chris Alexander, ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, en entrevue avec #ONfr le vendredi 10 avril. «On souhaite qu’ils fassent la transition d’un statut temporaire à un statut permanent.»

Ottawa avait décrété un moratoire sur les renvois de ressortissants haïtiens en situation irrégulière au pays à partir de 2004, alors que le petit état des Antilles était malmené par l’instabilité politique. Ce moratoire a été reconduit en 2010 à la suite d’un violent séisme qui a presque tout détruit sur son passage, y compris le siège du gouvernement.

«Maintenant, il y a eu un certain niveau de reconstruction», a indiqué M. Alexander.

Inquiétudes

Les quelque 3000 ressortissants haïtiens visés par la fin du moratoire fédéral vivent principalement dans la région de Montréal, mais aussi à Ottawa et à Toronto. Le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration a d’ailleurs visité la Maison d’Haïti du Grand Toronto, le 10 avril pour «rassurer et encourager» la diaspora haïtienne.

Pour sa part, la communauté haïtienne au Canada dit craindre que ses membres qui ne seront pas en mesure de régulariser assez vite leur situation se fassent renvoyer dans un pays toujours instable où leur sécurité ne serait pas assurée.

Des représentants de la diaspora d’Haïti demandent ainsi l’amnistie pour les ressortissants établis au Canada avant 2010, à condition qu’ils n’aient pas de dossier criminel.

Chris Alexander, de son côté, dit que le moratoire a toujours été une «mesure temporaire» et que son ministère offre des programmes d’accès à la citoyenneté «très généreux». Selon lui, environ 5000 personnes obtiennent chaque année leur résidence permanente pour des motifs humanitaires.

Le Canada entend lever son moratoire sur les renvois pour Haïti en même temps que pour le Zimbabwe, le 31 mai. Une telle mesure ne sera plus en vigueur que pour deux pays dits «instables», soit l’Afghanistan et l’Irak.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org