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Les Fransaksois veulent évaluer le «mieux-être» de leur communauté

La Saskatchewan compte environ 19 000 Fransaskois.Gracieuiseté

SASKATOON – Les Fransaskois sont-ils heureux? La question est revenue en boucle à Saskatoon, la fin de semaine dernière, lors du Rendez-Vous fransaskois, le plus grand rassemblement annuel pour les organismes francophones de la province.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

La centaine de participants aux trois jours d’événement a réfléchi sur un ensemble de questions liées au mieux-être dans la communauté. Six spécialistes se sont d’ailleurs relayés toute la journée du samedi 5 novembre pour une vitrine sur les «divers aspects de développement du mieux-être».

«Nous avons ajouté un impact sur le mieux-être à notre Plan de développement global de la communauté», explique à #ONfr, Françoise Sigur-Cloutier, présidente de l’Assemblée communautaire fransaksoise (ACF). «Nous voulons savoir si les francophones qui travaillent dans la Saskatchewan sont satisfaits de leurs conditions de travail, de leur niveau de vie et de leur implication.»

L’ACF donnera dans un premier temps l’impulsion pour un sondage à plusieurs niveaux, notamment à travers les médias sociaux, pour connaître la satisfaction des Fransaskois. «Nous allons sonder les conseils, le milieu du spectacle, les écoles. Mais la responsabilité de l’étude devra être partagée entre les membres de la communauté.»

Mme Sigur-Cloutier affirme qu’il n’y a pas pour le moment un nombre de francophones ciblé.

L’objectif à long terme reste d’avoir «une communauté vibrante», ainsi qu’un «engagement actif», croit la présidente. «On ne veut pas épuiser les gens qui travaillent pour la francophonie.»

L’enjeu est aussi démographique puisqu’avec 19 000 francophones, la Saskatchewan se classe à la dernière place des provinces de l’Ouest en termes de population francophone.

L’ACF a souvent montré son intérêt pour dynamiser l’immigration francophone, même s’il reste difficile d’attirer des nouveaux arrivants outre l’intermédiaire de foires d’emploi, d’internet ou encore du programme Destination Canada.

 

Feuille de route

Les consultations pancanadiennes sur les langues officielles menées par le gouvernement fédéral dans l’optique de renouveler la Feuille de route donnent de l’espoir à l’ACF: «Nous voulons faire connaître les besoins», affirme Mme Sigur-Cloutier.

Et les besoins sont toujours semblables pour les Fransakois: sous-financement de tous les secteurs francophones de l’éducation, absence d’une loi sur les services en français, faible immigration francophone…

La réélection de Brad Wall en avril dernier n’a pas été synonyme d’un renouveau, bien qu’une nouvelle responsable des Affaires francophones de la Saskatchewan, Nadine Wilson, soit entrée en fonction.

Unilingue anglophone, Mme Wilson aurait affiché «beaucoup d’envie de travailler avec l’ACF», selon Mme Sigur-Cloutier qui l’avait rencontrée en juillet.

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.