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Les candidats conservateurs s’affrontent pour une dernière fois

Dernière ligne droite pour le Parti conservateur du Canada avant le vote à la chefferie du 27 mai. Crédit image: Facebook.

TORONTO – Les treize candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC) s’affrontaient pour un cinquième et dernier débat officiel le mercredi 26 avril. Tour à tour, chacun a essayé de se présenter comme le candidat le plus à même de battre Justin Trudeau en 2019.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Dans cette version revisitée du débat, pour éviter la cacophonie des quatre premières joutes verbales, les échanges ont d’abord été polis, symbolisant une certaine unité au sein du PCC. Mais très vite, les échanges ont commencé à se muscler.

L’ontarien Michael Chong a fait l’unanimité contre lui avec sa défense d’une taxe carbone, mais les principales cibles ont surtout été Kellie Leitch et Maxime Bernier.

La première, pour se dissocier de ses positions très marquées sur le dossier de l’immigration et des conditions d’accueil des nouveaux arrivants; le second, pour enrayer sa campagne qui a connu un coup de pouce peut-être déterminant un peu plus tôt dans la journée.

La course à la chefferie conservatrice a pris un tournant inattendu quand Kevin O’Leary, un des candidats jugé parmi les favoris dans la course, a annoncé son retrait de la campagne et son appui à M. Bernier. Son unilinguisme anglais, jugé trop pénalisant au Québec, a décidé M. O’Leary à se désister.

Cet appui pourrait s’avérer décisif pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, alors qu’aucun candidat ne semble être parvenu à vraiment se détacher dans cette campagne.

 

Attaques nourries

Ses adversaires l’ont rapidement compris s’attaquant, pour Rick Peterson, à son «absence de programme» et pour Steven Blaney, à sa volonté de «supprimer le système de gestion de l’offre». Dans le même temps, Michael Chong mettait en garder les militants conservateur contre le choix d’un candidat qui «va donner la victoire aux libéraux lors des prochaines élections».

À plusieurs reprises, les prétendants à la chefferie conservatrice ont également condamné la lettre ouverte signée récemment par M. Bernier dans laquelle il donnait raison au président américain Donald Trump qui juge le système de gestion de l’offre inéquitable.

M. Bernier a martelé son intention de supprimer le système de gestion de l’offre, ironisant sur l’appui de ses adversaires conservateurs à un programme mis en place sous le gouvernement du premier ministre libéral Pierre Elliott Trudeau. Il a par ailleurs martelé son intention de diminuer les taxes et le poids de l’État.

Outre les attaques contre Mme Leitch et M. Bernier, le débat a souvent tourné à un concours de popularité pour déterminer qui serait le plus à même de battre Justin Trudeau lors des prochaines élections.

 

Débat bilingue

Organisé dans les deux langues officielles, le débat a assez bien respecté le principe du bilinguisme imposé, même si la modératrice Susan McArthur a souvent dû rappeler aux candidats de s’exprimer dans la langue de Molière.

Deepak Obhrai a rappelé qu’il continue d’apprendre le français, alors que Chris Alexander n’a pas manqué de courtiser l’électorat francophone en insistant sur l’importance de faire connaître le fait français à travers le Canada.

En cas de victoire de M. Bernier, les francophones en milieu minoritaire savent à quoi s’attendre. Le député beauceron plaidait, le 21 mars dernier en entrevue avec #ONfr, pour une vision économique des langues officielles, ce qui le place en adéquation avec celle que défendait l’ancien premier ministre Stephen Harper.

Lors de la campagne, M. Bernier s’est également prononcé pour une révision du mandat de CBC/Radio-Canada et une baisse de son financement.

Les militants conservateurs éliront leur nouveau chef le samedi 27 mai, à Toronto. Selon les chiffres du parti, le nombre de militants inscrits a atteint un nombre record avec 259 010 membres qui pourront prendre part à l’élection du prochain chef du PCC.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.