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Les Canadiens invités à se prononcer sur les langues officielles

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, est attendue en 2017. Crédit photo: Archives, #ONfr

OTTAWA – La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a donné le coup d’envoi, vendredi 17 juin, des consultations pancanadiennes sur les langues officielles. Cet exercice doit permettre d’établir la prochaine Feuille de route pour les langues officielles, en 2018.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Pour la majorité des Canadiens, la Feuille de route pour les langues officielles demeure un jargon technocratique dont on parle tous les cinq ans. Mais pour les communautés francophones en situation minoritaire, comme pour les organismes qui les représentent ou travaillent pour elles, la Feuille de route pour les langues officielles demeure un outil clé pour les aider dans leurs activités et assurer leur avenir.

C’est la raison pour laquelle l’exercice de consultation annoncé par la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, revêt une importance particulière pour l’organisme porte-parole des communautés francophones en situation minoritaire, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

«Il est vraiment important d’avoir le plus de monde possible qui participe aux consultations pour que chacun donne son point de vue, fasse connaître ses attentes et ses besoins. Notre travail va être de mobiliser nos communautés et de les aider à comprendre les enjeux soulevés», explique la présidente Sylviane Lanthier.

La FCFA prévoit consacrer un microsite, dès la semaine prochaine, pour répondre aux questions de ses membres.

La Feuille de route sur les langues officielles actuelle a fait l’objet de nombreuses critiques, au motif qu’elle ne répondrait pas aux besoins des communautés. L’utilisation de l’enveloppe de 1,1 milliard $ est également jugée nébuleuse par plusieurs intervenants.

«Nous allons avoir un processus ouvert et transparent», assure la ministre Joly. «Les langues officielles ne semblaient pas être une priorité pour l’ancien gouvernement, mais c’en est une pour le nôtre et nous pensons qu’il est important d’avoir un dialogue franc et ouvert pour mettre en place un plan de match qui réponde vraiment aux besoins et à la réalité des communautés de langues officielles en situation minoritaire.»

 

Consultations dans 21 villes

Des consultations ouvertes au public auront lieu dans 21 villes et s’étaleront jusqu’à la mi-octobre. Elles débuteront lundi 20 juin, à Alfred, en Ontario, puis se déplaceront à St-John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, le 22 juin, pour se dérouler ensuite à deux endroits en même temps, le 4 juillet, à Toronto et Vancouver, puis à Victoria et dans la région du grand Toronto, le 5 juillet, avant de gagner Winnipeg, au Manitoba, le 6 juillet, puis Regina, en Saskatchewan, le 7 juillet.

«Nous voulons vraiment consulter le plus de Canadiens possible d’Est en ouest et que tout le monde ait l’occasion de pouvoir participer. Il est important d’avoir un dialogue sain entre la majorité et la minorité», explique Mme Joly.

Le déroulement des consultations publiques en été inquiète toutefois Mme Lanthier quant au taux de participation.

«C’est toujours un risque quand c’est l’été. Les gens partent en vacances, sont moins disponibles… Mais nous comprenons aussi que c’est le meilleur temps pour les députés car la session parlementaire est terminée.»

Mme Joly devrait être présente sur plusieurs consultations et partagera l’exercice avec son secrétaire parlementaire, Randy Boissonneault.

La ministre du Patrimoine canadien assure ne pas s’inquiéter de la période estivale pour consulter, insistant sur le fait que les consultations seront également diffusées en Webdiffusion, qu’un questionnaire sera accessible en ligne et qu’il sera également possible de déposer des mémoires.

«Il est important que les gens laissent aussi des commentaires dans les cases prévues à cet effet quand ils rempliront le questionnaire», insiste Mme Lanthier.

 

Le Plan Joly

La Feuille de route pour les langues officielles a souvent été baptisée Plan Dion, puisque c’est l’actuel ministre des Affaires étrangères et ancien porte-parole aux Langues officielles du Parti libéral, Stéphane Dion, qui a donné naissance à la première enveloppe du genre à hauteur de 751 millions $, en 2003. Le programme avait été renouvelé en 2008, puis en 2013, par le gouvernement conservateur.

Si elle dit vouloir entendre les Canadiens pour alimenter sa réflexion sur les principaux enjeux et les mesures prioritaires à adopter, Mme Joly avoue avoir déjà recueilli quelques idées depuis sa nomination.

«J’ai déjà rencontré plusieurs organismes et communautés à travers le Canada. Je sais notamment que la question de l’immigration et de l’intégration des nouveaux arrivants fait partie des enjeux, ainsi que la question des communications à l’ère du numérique et des services fédéraux dans les deux langues officielles. Mais je pense qu’il est vraiment important que chacun donne son point de vue pour que le plan d’action réponde réellement aux attentes.»

La FCFA insiste sur l’objectif ultime de la future Feuille de route.

«Notre principale préoccupation est de savoir comment assurer la vie en français dans nos communautés. Le plan d’action doit nous donner les grands axes sur lesquels travailler pour y parvenir, et nous sommes heureux d’avoir un dialogue ouvert et collaboratif avec le gouvernement. Toutefois, la Feuille de route n’est pas une finalité. Il y a des domaines qui n’en dépendent pas et sur lesquels le gouvernement doit aussi travailler!»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.