#Francophonie

LeDroit doit reprendre sa place et rayonner, dit Martin Cauchon

Le nouveau baron de la presse francophone Martin Cauchon a prononcé un discours devant les membres du Club canadien de Toronto, le 16 juin. (Photo: François Pierre Dufault)

TORONTO – Le nouveau propriétaire du journal LeDroit dit vouloir s’assurer que le seul quotidien francophone ayant ses assises en Ontario «reprenne sa place et rayonne dans la francophonie ontarienne» tout en respectant ses lecteurs, plus nombreux, dans la région de l’Outaouais québécois.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Le journal centenaire ayant pignon sur rue dans le marché By, à Ottawa, a toujours un rôle «fondamental» à jouer dans les deux marchés principaux qu’il dessert, estime Martin Cauchon, qui s’est porté acquéreur de six quotidiens régionaux de langue française dont LeDroit, à la mi-mars.

«Lorsqu’on regarde LeDroit, c’est un journal qui est important pour mon groupe», a déclaré M. Cauchon à #ONfr en marge d’un discours devant le Club canadien de Toronto, le mardi 16 juin. «J’ai été en politique fédérale pendant un certain nombre d’années. Alors c’est quelque-chose d’important pour moi. J’ai la corde sensible de ce côté-là», a-t-il dit au sujet de la francophonie en milieu minoritaire.

L’ancien ministre libéral fédéral est aussi propriétaire du Nouvelliste de Trois-Rivières, du Quotidien de Saguenay, du Soleil de Québec, de La Tribune de Sherbrooke et de La Voix de l’Est de Granby, tous d’anciens membres du groupe Gesca.

Martin Cauchon était de passage à Toronto alors qu’un changement de garde s’opérait dans les bureaux de son journal ottavien, avec l’annonce du départ à la retraite de l’éditeur Jacques Pronovost et l’arrivée prochaine de son successeur Pierre-Paul Noreau, un ancien courriériste au parlement fédéral.

Le nouveau baron de la presse francophone a décrit le prochain éditeur du Droit comme «quelqu’un d’envergure au sein de (son) groupe» et aussi quelqu’un qui va «se rapprocher de la communauté franco-ontarienne».

«Pierre-Paul va agir en tant que chien de garde des mandats du Droit. Ce sont des mandats qui évoluent. Mais le mandat original, celui de la francophonie en Ontario, doit demeurer. Et il y a aussi l’Outaouais. Donc, il y a un équilibre à aller chercher», a indiqué Martin Cauchon, réitérant du même souffle sa foi dans le caractère régional et l’édition papier de ses acquisitions.

 

«Stabiliser l’entreprise»

M. Cauchon avait reconnu, au moment de l’achat du Droit par son entreprise dont il est le seul actionnaire, le groupe Capitale Médias, que les quotidiens régionaux de l’ancien groupe Gesca et le journal phare La Presse n’évoluaient plus dans la même trajectoire.

«L’élément fondamental au moment où on se parle, c’est de stabiliser l’entreprise. C’est une entreprise qui a connu des difficultés au cours des quatre, cinq dernières années», a insisté M. Cauchon à #ONfr. «On doit redorer le blason de cette entreprise-là. Redonner une fierté à l’équipe. Repositionner les journaux sur chacun de leurs marchés. Assurer une pérennité sur le multiplateforme.»

Devant les membres du Club canadien de Toronto, le nouveau propriétaire du Droit a même évoqué d’autres acquisitions en Ontario si ses affaires se portent bien d’ici quelques années.

LeDroit a vu le jour en 1913 pour défendre les intérêts des francophones de l’Ontario après l’adoption à Queen’s Park du Règlement XVII, qui limitait l’enseignement du français dans les écoles de la province. Le journal a appartenu à la communauté des pères Oblats de Marie Immaculée pendant six décennies avant d’être vendu à des intérêts privés, notamment Hollinger et plus tard Gesca.

La vente du Droit à la nouvelle entreprise de presse de M. Cauchon, dont les bureaux sont logés à Québec, avait semé de vives inquiétudes chez des lecteurs franco-ontariens du journal, à la mi-mars. L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) avait d’ailleurs voulu rencontrer rapidement le nouveau propriétaire du journal ottavien pour faire le point avec lui.

«Nous avons eu la chance d’exprimer nos inquiétudes», a partagé Denis Vaillancourt, président de l’AFO, qui a rencontré le nouveau patron du Droit à trois occasions depuis la transaction. «Il y a un double mandat. M. Cauchon me l’a réitéré. Il faut servir l’Outaouais et l’Ontario. Quand c’est le propriétaire qui le dit, c’est rassurant.»

Martin Cauchon a parlé, lui aussi, de rencontres «très positives» avec l’AFO.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org