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Le ton monte sur le champ de bataille

Charles Sousa, ministre des Finances de l'Ontario. (Photo: François Pierre Dufault, archives)

TORONTO – Le ton monte sur le champ de bataille électoral de l’Ontario, alors que les premières publicités négatives font leur apparition sur Internet.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Sous le coup d’une interdiction de diffuser de la publicité électorale à la télévision jusqu’au 21 mai, le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur se tournent vers le site YouTube pour lancer leurs premières salves.

Les libéraux de Kathleen Wynne ont lancé une attaque en règle contre le Nouveau Parti démocratique (NPD), le samedi 10 mai. Ils emploient leur temps d’antenne à reprocher aux troupes d’Andrea Horwath d’avoir forcé le déclenchement d’élections hâtives, tournant ainsi le dos à la création d’un régime public d’épargne-retraire et à des investissements majeurs dans les transports, notamment.

«Nous avons tous été mystifiés par la décision d’Andrea Horwath et du NPD de ne pas appuyer notre budget. Ça n’avait tout simplement aucun sens», a pesté le libéral Charles Sousa, lors d’un point de presse dans un hôtel de Toronto, le 10 mai. «Et maintenant, nous avons Tim Hudak qui dit qu’un gouvernement progressiste-conservateur abolira 100 000 emplois (de fonctionnaires) si nous lui en donnons l’occasion».

M. Sousa n’a pas hésité à faire porter au NPD le blâme d’«une possible élection d’un gouvernement Hudak radical».

«L’Ontario a déjà le gouvernement le plus épuré et le plus efficace au Canada. Donc, si M. Hudak (veut abolir 100 000 emplois), il devra congédier des enseignants, des infirmières et des médecins», a tonné M. Sousa, ministre sortant des Finances et candidat libéral dans Mississauga-Sud. «L’impact économique serait dévastateur. L’impact sur les gens, les familles et les communautés serait inimaginable».

Le clan Horwath n’a pas immédiatement réagi au lancement de cette première publicité des libéraux, le 10 mai.

Bilan ou attaque?

Les progressistes-conservateurs ont, eux aussi, eu recours à YouTube pour décocher leurs premières attaques publicitaires à l’endroit des libéraux. Leur premier «bilan hebdomadaire» de campagne, diffusé le vendredi 9 mai, parle davantage de Mme Wynne que de M. Hudak.

«Je veux vous parler directement, aujourd’hui (…), de notre première semaine de campagne, ici, en Ontario. Mais plus précisément, de la terrible première semaine de la campagne de Kathleen Wynne», lance Will Stewart, directeur média de la campagne de M. Hudak, dès les premières secondes du message publicitaire.

La campagne de M. Hudak a pourtant connu quelques dérapages en début de parcours. Le chef progressiste-conservateur a essuyé des critiques, entre autres, pour avoir dénoncé les octrois gouvernementaux que reçoivent certaines entreprises alors qu’il visitait l’une de ces entreprises.

La course aux emplois

Rappelons que les progressistes-conservateurs promettent de créer 1 million d’emplois d’ici 2022, en réduisant les impôts des entreprises et les tarifs d’électricité, notamment. La création de ces nouveaux emplois passerait toutefois par l’abolition de 100 000 emplois dans la fonction publique afin que la province renoue avec l’équilibre budgétaire dès 2016, soit deux ans plus vite que ne le prévoient les libéraux et les néo-démocrates.

Les libéraux, eux, promettent d’investir 2,5 milliards $ sur dix ans pour attirer de nouvelles entreprises et créer des emplois.

Le NPD propose des crédits d’impôts «ciblés» pour les entreprises qui créent des emplois, de même que des crédits d’impôts pour les entreprises dans le secteur manufacturier qui investissent dans des bâtiments, de la machinerie et de l’équipement en Ontario.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org