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Le salaire minimum de l’Ontario à 15 $ de l’heure en 2019

La première ministre, Kathleen Wynne, annonce que le salaire augmentera à 15 $ de l'heure. Crédit image: Jean-François Morissette

TORONTO – La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a annoncé devant une salle remplie de partisans une réforme du monde du travail ontarien, comprenant notamment une augmentation du salaire minimum à 15 $ de l’heure d’ici le 1er janvier 2019.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Avant d’en arriver là, Kathleen Wynne note que le salaire minimum passera à 14 $ en janvier prochain, soit six mois avant le prochain scrutin provincial.

«Nous traversons une époque de changements économiques et d’incertitude. Le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que nos travailleurs soient traités équitablement», a-t-elle expliqué à la foule.

«Trop de gens ont du mal à élever leur famille au salaire minimum ou dans un emploi précaire et à temps partiel», a-t-elle déploré.

Après 2019, le salaire minimum allait augmenter en fonction de l’inflation.

Cette annonce vient à la suite d’un dépôt d’un rapport comptant 173 recommandations pour réformer le monde du travail en Ontario.

Ce rapport indiquait que 30 % des travailleurs ontariens avaient un emploi précaire en 2014 et le salaire horaire moyen ontarien était de 13 $ pour les travailleurs à temps partiel et de 24,73 $ pour les travailleurs à temps plein.

Au cours des 30 dernières années, le travail à temps partiel a augmenté de sorte qu’il représente près de 20 % de tous les emplois, déploraient les conseillers spéciaux au ministère du Travail, Michael Mitchell et John C. Murray.

En plus d’augmenter le salaire minimum, la première ministre Wynne a annoncé que les Ontariens qui travaillent depuis cinq ans dans une entreprise auront droit à trois semaines de vacances payées.

«Nous savons que l’Ontario est en retard sur d’autres provinces pour ce qui est de garantir les droits de vacances. Il est temps de faire ce qui est juste et ce qui est équitable», a-t-elle noté.

Le gouvernement ontarien a également promis de s’attaquer à d’autres domaines d’emploi, en promettant 10 jours de congé payé en cas d’urgence personnelle et que les employeurs allaient devoir payer trois heures de travail si le quart de travail était annulé sans préavis de 48 heures.

Kathleen Wynne ajoute qu’un accès plus facile à un syndicat allait aussi faire partie des mesures mises en place dans un futur projet de loi.

Le ministre du Travail, Kevin Flynn, a affirmé que le projet de loi concernant cette réforme allait être déposé «aussitôt que possible» et que des consultations publiques allait avoir lieu à l’été.

 

Une réforme «radicale»

La Fédération Canadien des entreprises indépendantes s’est insurgée de l’annonce du gouvernement déplorant que Kathleen Wynne favorisait les syndicats au détriment des entreprises privées.

«Nous sommes choqués que le gouvernement que s’attaquer aux propriétaires de petites entreprises en proposant une augmentation du salaire minimum de 32 % sur à peine un an et demi», s’est insurgé Julie Kwiecinski, directrice pour l’Ontario pour la Fédération, tout en qualifiant la proposition de «radicale».

«Les petites entreprises n’ont pas la même marge de manoeuvre que les grandes entreprises et devront faire des choix difficiles, ce qui inclut couper des emplois et réduire les heures de travail» – Julie Kwiecinski

Elle a également accusé le gouvernement de jouer de la politique avec cette annonce.

 

Un acte politique, croit le NPD

La chef du NPD, Andrea Horwath, a salué la décision du gouvernement, tout en déplorant que le gouvernement agisse dans l’unique but de se faire réélire en 2018. Le parti de Mme Horwath milite depuis des années pour l’obtention du salaire minimum à 15 dollars de l’heure.

«Ce n’est pas à propos de moi ni du NPD, c’est à propos des gens de l’Ontario», a-t-elle expliqué à la sortie de la période de questions.

«Si on regarde les 14 années des libéraux au pouvoir, ils n’ont rien fait pour aider les travailleurs. (…) Pour nous, la réforme des lois du travail ne sont pas un acte politique, ce sont nos valeurs», a-t-elle pris soin de souligner.

Andrea Horwath note bien que le moment où cette proposition est faite est bien curieux.

Pour sa part, le chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, Patrick Brown, n’a pas indiqué ce qu’il ferait si sa formation politique prenait le pouvoir en 2018.

Patrick Brown s’est contenté de dire que s’il formait le gouvernement l’an prochain, il allait étudier la proposition faite par les libéraux pour voir si elle devait être maintenue.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72