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Le peuples acadiens et mi’kmaq se retrouvent à Grand-Pré

Crédit image: Facebook Grand-Pré 2017

GRAND-PRÉ – Alors que le premier ministre Justin Trudeau a fait de la réconciliation avec les peuples autochtones un des objectifs de son mandat; en Nouvelle-Écosse, un événement organisé dans le cadre du 150e anniversaire de la Confédération canadienne propose, du 10 au 13 août, de commémorer et de célébrer les relations entre les Acadiens et les Premières Nations.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Le choix du lieu n’est pas anodin puisque le site Grand-Pré est le lieu où se sont installés les premiers colons français et où s’est développée une union entre les Acadiens et les Mi’kmaq.

«En 1604, le grand chef Membertou et le peuple mi’kmaq accueillaient des colons et explorateurs français qui venaient de compléter une traversée périlleuse de l’océan atlantique», rappelle-t-on sur le site internet de l’événement. «Grâce au peuple mi’kmaq, les colons ont combattu la faim, la maladie et les rigueurs du climat. Les deux peuples ont développé une compréhension commune sachant qu’en étant solidaires, ils seraient plus forts. Ils ont combattu côte à côte sur le champ de bataille, souligné leurs succès et leurs échecs et ont créé L’Ordre du bon temps, le premier club social et la première troupe de théâtre au Nouveau monde. Cette alliance solidement ancrée, fondée sur une relation de paix et d’amitié, a jeté les bases d’une relation durable. Et puis, en 1755, ce fut le début de la Déportation.» Une référence à la déportation par les Britanniques à l’automne de la même année.

Le porte-parole de l’événement, Ronald Bourgeois, indique que l’objectif est donc de renouer ces liens qui ont été défaits par le Grand Dérangement.

«L’idée est partie du chef régional de l’Assemblée des Premières Nations, représentant de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador, Morley Googoo. Il ne connaissait pas les relations historiques qui avaient existé entre les Mi’kmaq et les Acadiens et les a découvertes en visitant Grand-Pré. Il a donc jugé que le temps était opportun de les faire reconnaître, d’autant que la réconciliation avec les peuples autochtones est une priorité dans le discours du gouvernement fédéral.»

 

Favoriser une meilleure compréhension

Les organisateurs espèrent que les visiteurs seront nombreux à venir participer à ce festival gratuit qui réunira concerts – dont une prestation de Northern Cree, groupe autochtone finaliste aux Grammy -, conférences et expériences culturelles et culinaires. L’événement a reçu un appui du gouvernement fédéral de 717 000 $ et de la province à hauteur de 300 000 $.

«Nous voulons créer un environnement permettant une meilleure compréhension des peuples autochtones et de nos valeurs», explique le co-président et chef régional de l’Assemblée des Premières Nations, représentant de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador, Morley Googoo.

La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE) juge l’occasion unique.

«Nous croyons que Grand-Pré 2017 offrira au pays en entier une merveilleuse vitrine sur les valeurs à l’origine de la fondation du Canada et que l’événement permettra de commémorer et de célébrer une relation établie depuis plus de 400 ans – une relation qui a servi à créer notre pays et qui servira d’exemple pour les générations futures», souligne, co-présidente de l’événement et directrice générale de la FANE, Marie-Claude Rioux.

Si l’événement n’a pas pour vocation à être reconduit chaque année, M. Bourgeois espère qu’il permettra un moment de conversations et de partages.

«Les peuples mi’kmaq et acadiens ont quelque chose d’important à partager et nous voulons que cet événement offre l’occasion de mettre en valeur les deux communautés. Il y aura beaucoup de couleurs et beaucoup de chaleur!», promet-il.

Outre cet événement, le paysage de Grand-Pré, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, accueillera également, cet été, le 2e sommet des chefs des Premières Nations et députés fédéraux.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.