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Le NPD veut gagner en crédibilité économique

Thomas Mulcair a été désavoué par les militants néo-démocrates, dimanche 10 avril. archives

TORONTO – Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a fait deux annonces économiques, le vendredi 14 août, à Toronto, avec l’espoir de faire taire ses adversaires qui l’accusent de n’avoir aucune crédibilité en matière de finance, de création d’emplois et de développement.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
Collaborateur spécial
@etiennefg

Le chef néo-démocrate a d’abord annoncé l’arrivée de l’ancien ministre des Finances de la Saskatchewan, Andrew Thomson, au sein de la formation politique. Dépeint presque quotidiennement par ses adversaires comme un parti n’ayant pas de leadership économique, le NPD compte faire de M. Thomson l’un de ses ténors en la matière.

Élu pour la première fois en 1995, il a assumé en Saskatchewan les portefeuilles des Finances, des Technologies de l’information et de l’Énergie, notamment. «Je suis un grand supporter de notre économie basée sur les ressources», a-t-il d’ailleurs fait savoir lors du point de presse. Sous sa gouverne, la Saskatchewan a offert des réductions de taxes et d’impôts, alors que le secteur des ressources naturelles connaissait une croissance phénoménale.

«Les électeurs ont le choix entre un ministre des finances qui a été en mesure d’offrir des budgets équilibrés ou encore Joe Oliver», a laissé tomber Thomas Mulcair, lors de l’annonce.

Le nouveau candidat économique du NPD fera d’ailleurs la lutte Joe Oliver, l’actuel ministre des Finances, dans la circonscription d’Eglinton-Lawrence. Lors du dernier scrutin, le candidat néo-démocrate, Justin Chatwin, avait mordu la poussière récoltant quatre fois mois de votes que M. Oliver.

Thomas Mulcair estime que le bilan conservateur en économie est désastreux. Il affirme que le Canada a reculé dans plusieurs marchés de la planète aux dépens de pays asiatiques. Son parti serait mieux placé pour accompagner l’industrie manufacturière canadienne, a-t-il insisté. «Nous serons les champions de l’innovation», a affirmé le chef du NPD.

Les conservateurs et les libéraux martèlent depuis un bon moment leurs critiques économiques à l’endroit du NPD. Encore récemment, Stephen Harper s’en est pris à Thomas Mulcair l’accusant de développer sa plateforme économique avec comme principale préoccupation de servir les intérêts des syndicats. «Cela s’annonce une véritable catastrophe économique», soutenait le chef conservateur.

 

Un chien de garde du budget indépendant

Le gouvernement conservateur a mis en place une véritable «culture du secret» à Ottawa, a dénoncé Thomas Mulcair à Toronto. Selon lui, les parlementaires à Ottawa ne peuvent tout simplement plus obtenir d’informations financières «indépendantes, précises et à jour» depuis les dernières années.

Il a annoncé en matinée qu’un gouvernement néo-démocrate allait rendre «totalement indépendant» du Parlement le poste de directeur parlementaire du budget.

Selon M. Mulcair, le directeur parlementaire du budget sera ainsi protégé de toute interférence politique et cela accroîtra la transparence budgétaire du gouvernement. «Le premier ministre ne pourra donc plus le congédier», a lancé le chef néo-démocrate.

Le plan du NPD vise aussi à obliger les ministères et les agences du gouvernement à rendre l’information financière disponible pour le DPB, a fait valoir le chef du NPD.

Le poste de directeur parlementaire du budget a été créé par les conservateurs dans la foulée du scandale des commandites. Les deux titulaires du poste, Kevin Page et Jean-Denis Fréchette, ont tous deux dénoncé un manque d’accès aux chiffres des ministères fédéraux. Pendant son mandat, M. Page a été la cible de nombreuses critiques de conservateurs l’accusant de faire preuve de partisanerie.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.