#Francophonie, #Ontario

Le nouveau souffle pour la désignation bilingue d’Ottawa

Les militants rêvent toujours de voir Ottawa devenir officiellement bilingue en 2017. Archives #ONfr

OTTAWA – Tout est toujours possible pour la désignation bilingue d’Ottawa. C’est le message distribué par l’initiative #OttawaBilingue, mardi 27 septembre, devant une grande partie des représentants francophones.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

Chiffres à l’appui, l’initiative #OttawaBilingue, qui regroupe 12 organismes francophones, dont l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) ou encore, le Mouvement pour une capitale du Canada officiellement bilingue (MOCOB), a dévoilé que 72% des résidents d’Ottawa sont favorables à la désignation si elle n’impose «pas de coûts additionnels et ne cause pas de pertes d’emploi».

Une proportion qui grimperait même à 85% des répondants âgés entre 18 et 29 ans.

Le coup de sonde a été réalisé par la firme Nanos en juillet 2016 auprès de 750 résidents d’Ottawa de 18 ans et plus.

Ce sondage fait écho à un autre publié il y a quelques jours par une autre firme, et indiquant que 87% des Canadiens seraient en faveur de la désignation.

Mais les membres de #OttawaBilingue n’ont pas fait que parler de chiffres. Un message important: le travail de fond pour convaincre les élus municipaux de la pertinence du projet est en train de payer.

Car ce sont bien les élus de la Ville d’Ottawa qui auront le droit de vie ou de mort sur le projet.

Concrètement, l’idée serait d’officialiser le caractère bilingue de la Ville d’Ottawa, en modifiant la Loi provinciale de 1999 sur la Ville d’Ottawa afin de «reconnaître explicitement l’égalité de statut des langues française et anglaise au sein de la Ville d’Ottawa». Une démarche à priori très peu coûteuse puisqu’elle s’appuie sur les services en français déjà présents à la Ville d’Ottawa.

Lucien Bradet, l’un des membres les plus influents de #OttawaBilingue, indique que douze élus ont répondu favorablement à la désignation, lors de rencontres privées. Le chiffre de 17 est toujours souhaité par le groupe pour parvenir à une loi.

«Il y a plusieurs élus qui sont en faveur», a illustré le conseiller municipal Mathieu Fleury, le seul qui, depuis le début de la reprise des revendications en 2013, approuve publiquement le projet. Le temps aussi pour le conseiller de Rideau-Vanier de distribuer une petite flèche à l’endroit des médias et la question récurrente au maire, Jim Watson, sur les raisons de son refus du bilinguisme officielle à Ottawa.

«Il y a 23 élus indépendants (…) Le maire est seulement un vote. Nous sommes une démocratie. Les médias nous font du mal dans le dossier à chaque fois qu’ils reviennent pour voir le maire.»

Il n’y avait en tout cas que deux conseillers présents aux côtés de Mathieu Fleury lors de cette conférence: Jeff Leiper et Catherine McKenney, et tous deux donneraient effectivement un feu vert au projet de loi, si celui-ci se retrouve à la table des élus.

«C’est important de protéger les services en français», a fait part le premier, en entrevue pour #ONfr. «C’est toujours possible qu’un conseil municipal dans le futur puisse renverser les politiques courantes.»

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.