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Le libre-échange à l’ordre du jour des provinces et territoires canadiens

TORONTO – Les premiers ministres des provinces et des territoires du Canada sont d’accord pour négocier un nouvel accord «ambitieux, juste et équitable» de libre-échange entre leurs juridictions.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

C’est ce qui ressort de la 55e rencontre du Conseil de la fédération, ce caucus annuel des dirigeants provinciaux et territoriaux, qui s’est tenue du 26 au 29 août, à Charlottetown, sur l’Île-du-Prince-Édouard.

Un comité directeur formé de Kathleen Wynne, de l’Ontario, et de ses homologues Stephen McNeil, de la Nouvelle-Écosse, Greg Selinger, du Manitoba, et Brad Wall, de la Saskatchewan, doit veiller à faire fructifier de nouvelles négociations entre les 10 provinces et les deux territoires signataires de l’Accord sur le commerce intérieur (ACI) du Canada, ratifié pour la première fois en 1995.

Le Nunavut, né d’une scission des Territoires du Nord-Ouest quatre ans après la ratification de l’ACI, siège autour de la table à titre d’observateur.

Dans l’enceinte du parlement de l’Île-du-Prince-Édouard, où a germé l’idée de la Confédération canadienne, il y a exactement 150 ans, les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont convenu «d’ajuster leurs engagements (quant au libre-échange intérieur) à ceux qu’ils ont pris à l’international».

Un nouvelle mouture de l’ACI doit voir le jour d’ici mars 2016.

Main-d’oeuvre

Le comité dont Mme Wynne fait partie a le mandat, entre autres, de poser «des gestes concrets pour améliorer la mobilité de la main-d’œuvre» d’une province à l’autre.

La mobilité de la main-d’œuvre a longtemps été une source de discorde entre l’Ontario et le Québec, notamment. L’opposition progressiste-conservatrice à Queen’s Park songeait d’ailleurs toujours, début juin, à barrer l’accès des ouvriers du québécois aux chantiers publics ontariens dans le but d’amener la province voisine à relaxer davantage la réglementation de sa main-d’œuvre.

L’Ontario a aussi des différends avec la Saskatchewan au niveau du commerce intérieur. Si bien que M. Wall s’est servi de la conférence de Charlottetown pour faire valoir à Mme Wynne son déplaisir par rapport aux règles strictes de Queen’s Park quant à l’octroi de contrats de grands travaux d’infrastructure.

Selon des données du Conseil de la fédération, la valeur des échanges commerciaux à l’intérieur du Canada avoisine les 366 milliards $, soit 20% du produit intérieur brut national. Les échanges auraient bondi de 60% au cours de la dernière décennie.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org