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Le gouvernement défend son plan pour contrer la bulle immobilière

Le ministre des Finances de l'Ontario, Charles Sousa. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – Au lendemain de la publication des premières données sur la situation immobilière dans la grande région de Hamilton et Toronto, le ministre des Finances de l’Ontario, Charles Sousa, a dû défendre le plan de son gouvernement pour contrer la crise du logement abordable.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Entre le 24 avril et le 26 mai, seulement 4,7 % des transactions immobilières dans la région du Golden Horseshoe ont été effectuées par des acheteurs étrangers.

Or, le gouvernement de la première ministre, Kathleen Wynne, a récemment adopté une série de mesures pour s’attaquer à la spéculation immobilière, dont une taxe de 15 % pour les acheteurs non-résidents du Canada.

Mercredi 5 juillet, M. Sousa a martelé en point de presse que malgré les données et les pourcentages publiés, le gouvernement devait agir pour calmer le marché en continuant d’imposer cette nouvelle taxe.

«Nous ne pouvions pas laisser la situation évoluée sans prendre de mesures. Nous voulions donner un sentiment de sécurité aux familles avec un faible revenu» – Charles Sousa

À savoir si les mesures prises par le gouvernement ont un impact, M. Sousa est catégorique: l’effet psychologique de l’imposition d’une taxe sur le marché se fait ressentir. Cependant, il croit que le gouvernement aura une meilleure idée de la portée du plan gouvernemental d’ici quelques mois.

(Charles Sousa, ministre des Finances de l’Ontario, et Chris Ballard, ministre du Logement et responsable de la Stratégie de réduction de la pauvreté.)

«Un seul mois, ce n’est pas assez pour juger la portée de nos mesures. Nous devons poursuivre dans la même direction et voir les impacts à plus long terme», a nuancé le ministre Sousa.

Le ministre du Logement et responsable de la Stratégie de réduction de la pauvreté, Chris Ballard, croit également qu’il est important que le gouvernement reste engagé à contrer le problème.

«Ce n’est pas un enjeu partisan et nous avons encore beaucoup de travail à faire», a-t-il conclu.

 

Des mesures pourraient être nécessaires, atteste un économiste

Nicolas-Guillaume Martineau, économiste au Collège universitaire Glendon, croit qu’il est encore trop tôt pour juger si les mesures prises par le gouvernement au mois d’avril dernier auront un impact significatif.

«Ça reste à voir parce que nous sommes encore dans le court terme», a-t-il indiqué en entrevue à #ONfr. «Il y a encore beaucoup d’incertitude dans le marché (…) Il faut attendre pour voir si nous sommes dans une période de flottement et que la flambée des prix va reprendre après cela ou bien que nous sommes face à une baisse du rythme du marché.»

(Nicolas-Guillaume Martineau, économiste au Collège universitaire Glendon.)

Advenant un scénario où les prix continuent d’augmenter au-delà de l’inflation actuelle, l’économiste croit que le gouvernement devra prendre des mesures supplémentaires pour s’attaquer au problème.

Toutefois, il note bien que l’effet psychologique de l’imposition d’une taxe de 15 % destinée aux acheteurs étrangers n’est pas négligeable.

En conférence de presse, M. Sousa n’a pas fermé la porte à d’autres mesures, mais a souligné qu’il souhaitait laisser le temps au plan du gouvernement d’agir sur le marché.

 

Les prix vont continuer d’augmenter

Nicolas-Guillaume Martineau estime qu’il est peu probable de voir les prix des maisons descendre au cours des prochains mois. Selon lui, ils augmenteront encore, seulement, ils le feront «moins rapidement».

«Les premiers signes laissent entendre que les prix vont se stabiliser puisqu’on ne voit plus une envolée de 30 %. On risque de voir prochainement des augmentations plus près de l’inflation», s’est-il exclamé.

«Ce n’est pas que les prix des maisons deviendront abordables, mais qu’ils vont devenir moins inabordables plus rapidement» – Nicolas-Guillaume Martineau

En avril dernier, le gouvernement ontarien avait également choisi de limiter la hausse maximale du coût des loyers à 2,5 % pour les immeubles construits après 1991. Avant l’implantation de cette mesure, les propriétaires de ces immeubles échappaient à tout contrôle et pouvaient augmenter les loyers à leur guise.

Le gouvernement avait aussi mis de l’avant une enveloppe budgétaire de 125 millions de dollars sur cinq ans pour aider à augmenter l’offre.

Selon la Chambre immobilière de Toronto, le prix des maisons a grimpé de plus de 30 % dans la grande région de Toronto en l’espace d’un an.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72