#Ontario

Le francophone Mathieu Chantelois quitte Pride Toronto

Mathieu Chantelois, directeur démissionnaire de «Pride Toronto», en compagnie du premier ministre, Justin Trudeau. Gracieuseté Pride Toronto

TORONTO – Mathieu Chantelois, le premier directeur francophone de «Pride Toronto», quitte avec fracas la direction de l’événement. Plongé dans la controverse, le festival LGBTQ (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre et queer) de la Ville reine fait l’objet de plusieurs critiques quant à la représentation des minorités au sein de l’organisation. Le départ de Chantelois se déroule alors qu’une enquête interne était en cours au sein de l’organisme responsable de l’événement concernant de «sérieuses allégations».

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Lors du dernier défilé de la fierté, le groupe «Black Lives Matter» (BLM, la vie des noirs compte) a interrompu pendant près de 30 minutes le cortège.

Les manifestants ont exigé de Mathieu Chantelois qu’il signe de sa main une lettre promettant le retrait de la présence policière au sein du défilé et une plus grande diversité au sein des festivités.

Un engagement qui a mis le directeur de Pride Toronto dans l’eau chaude et lui a valu de nombreuses critiques.

Mathieu Chantelois avait par la suite nuancé sa position et affirmé qu’il n’avait pas le dernier mot quant à la présence ou non des policiers au sein du défilé. Une déclaration, cette fois, critiquée par les représentants de «Black Lives Matter».

Quelques heures avant l’annonce du départ de Mathieu Chantelois, le comité organisateur de «Pride Toronto» a annoncé qu’il mènerait des consultations publiques pour créer un festival «plus sécuritaire et inclusif».

En après-midi, Mathieu Chantelois a annoncé son départ sur les réseaux sociaux. Contacté par #ONfr, il a préféré ne pas faire de commentaires sur la suite des choses et les raisons précises de son départ. Plus tard, «Pride Toronto» a publié une déclaration concernant des «allégations sérieuses» faites par des employés à l’endroit de M. Chantelois. Le festival affirme avoir fait appel à une firme d’avocats pour mener une enquête interne sur la question. «Plutôt que d’attendre la fin de cette enquête, Mathieu Chantelois a choisi de quitter ses fonctions. Le conseil d’administration a accepté sa démission», peut-on lire dans la missive.

Le réseau Global, s’appuyant sur des sources anonymes, affirme que les allégations sont diverses. «Nous avons été victimes de racisme, de sexisme, de commentaires transphobiques, d’harcèlement sexuel et d’attaques personnelles», peut-on lire dans le courriel obtenu par Global et attribué à des employés de «Pride Toronto».

 

Le rayonnement du français: «Une de mes raisons de vivre»

En juin, Mathieu Chantelois affirmait à #ONfr qu’il était un allié indéfectible de la cause francophone et qu’il luttait pour augmenter la place du français au sein des festivités. «Je suis à la tête de Pride Toronto depuis 18 mois. C’est la première fois qu’un francophone dirige l’organisation. Je tente de faire rayonner Pride en français dès que je le peux. À titre de francophone, le rayonnement de ma langue en Ontario n’est pas seulement important, c’est l’une de mes raisons de vivre», disait-il.

En réponse aux critiques de certains organismes francophones sur la place du français, il avait affirmé que «Pride Toronto» voulait faire encore davantage au cours des prochaines années. «Pride Toronto peut-il faire mieux? Absolument! Fera-t-on mieux dans le futur? Certainement, d’autant plus que 2017 est une année charnière, celle de notre 150e. Je rêve déjà d’un immense spectacle tout en français», confiait-il.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.