#Francophonie, #Ontario, Vidéos

Le financement politique s’invite dans le débat sur l’énergie

Courtoisie

TORONTO – Patrick Brown, chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, exige des comptes du gouvernement à la suite de l’annulation d’un programme d’énergie renouvelable. L’opposition affirme que l’initiative était une erreur et profitait uniquement aux donateurs du parti, plutôt qu’aux Ontariens.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Va-t-elle s’excuser d’avoir pris 1,3 million de dollars pour le Parti libéral et d’avoir voulu faire payer une facture d’électricité plus élevée aux citoyens ?», a lancé Patrick Brown à la première ministre, Kathleen Wynne, lors de la période de questions.

Patrick Brown affirme que les entreprises du domaine de l’énergie renouvelable qui allaient obtenir des contrats dans le cadre de cette initiative ont donné énormément au Parti libéral par le passé.

«J’applaudis le gouvernement de maintenant se rendre compte que ces contrats étaient inutiles», a ajouté M. Brown. Selon lui, l’annulation du programme et l’annonce de la réduction des factures d’électricité des citoyens est une «campagne de relations publiques», a-t-il dit.

image2

Vic Fedeli, critique aux finances de l’opposition, en a remis à la sortie de la chambre. «La trentaine de compagnies d’éoliennes qui ont obtenu des contrats ont donné collectivement 1,3 million au Parti libéral. Nous sommes au cœur d’un scandale sur le financement du Parti libéral. Pour distraire les gens, ils changent les règles pour tous les partis. Mais ce qu’on réalise c’est que les libéraux donnent des contrats à ceux qui leur donnent de l’argent», a-t-il confié à #ONfr. Son parti exige depuis plusieurs mois une enquête publique sur le financement politique.

Jagmeet Singh du NPD a aussi vertement critiqué les libéraux en matière de financement politique et d’énergie. «Il y a encore le même problème : le gouvernement prend l’argent des compagnies en énergie avant de prendre une décision. Il n’apprend pas de ses erreurs», a-t-il indiqué.

image1

M. Singh a affirmé que la privatisation d’Hydro One n’est pas étrangère avec les liens qu’entretient le gouvernement avec différentes sociétés privées qui ont fait des dons au parti.

Les libéraux répliquent

La première ministre ontarienne ne s’est pas mouillée sur la question du financement en chambre. Elle a cependant assuré que le gouvernement prenait des décisions éclairées, tout en se lançant dans une attaque en règle contre son adversaire Patrick Brown.

«Le gouvernement précédent nous a laissé un système électrique inefficace et polluant», a-t-elle lancé, faisant référence à l’héritage des prédécesseurs de Patrick Brown.

Quelques instants plus tard, le ministre de l’énergie, Glenn Thibeault, s’est pour sa part mis à lire une liste d’activités de financement récentes des progressistes-conservateurs. Il a également affirmé que le Parti PC de l’Ontario n’avait pas de crédibilité lorsque venait le temps de parler d’énergie.  «C’est un parti qui parle d’énergie sans même avoir de plan. Ce parti a laissé un réseau d’électricité en ruines», a-t-il lancé.

image1

Le gouvernement assure par ailleurs ne pas tourner le dos à l’énergie verte. «Pourquoi les libéraux abandonnent l’énergie renouvelable pour choisir l’énergie venant du privé?», a demandé le néo-démocrate, Peter Tabuns, au gouvernement.

Glenn Thibeault a répondu que la province disposait de tout près de 18 000 MW d’énergie éolienne et solaire, de bioénergie et d’énergie hydroélectrique. Il a ajouté que l’approvisionnement en électricité de la province s’effectue maintenant sans la moindre émission dans une proportion de plus de 90%.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.