#Francophonie, #Ontario

Le débat sur le bilinguisme s’invite au grand spectacle pour Montfort

Gisèle Lalonde, l'un des visages de la lutte pour sauver l'hôpital Montfort, a pris part au grand ralliement de 2017, 20 ans après l'original Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

[MONTFORT, 20 ANS APRÈS]

OTTAWA – 20 ans après le grand ralliement pour sauver l’Hôpital Montfort, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés pour se souvenir et célébrer leur victoire. Le débat entourant le statut bilingue de la Ville d’Ottawa s’est invité à plusieurs reprises au cœur de l’événement.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Dans un moment de grande émotion, Gisèle Lalonde, véritable visage de la lutte contre la fermeture de l’hôpital, est montée sur scène, accompagnée de l’avocat Me Ronald Caza et Michelle de Courville Nicol. Pendant de longues minutes, elle a agité le drapeau franco-ontarien sous les applaudissements nourris d’une foule reconnaissante.

«Vous avez tant donné. Vous pouvez être fière, vous pouvez dire mission accomplie! La relève est prête à prendre votre flambeau», a lancé le conseiller municipal Mathieu Fleury, à l’intention de la grande dame de la francophonie ontarienne.

Le maire d’Ottawa, Jim Watson, a pris la parole pour saluer le combat des Franco-Ontariens afin de sauver l’hôpital. Mais une partie de la foule ne l’entendait pas ainsi. «Ottawa bilingue! Ottawa bilingue! Ottawa bilingue!», ont crié pendant de longues minutes quelques dizaines de spectateurs en colère.

#ONfr a tenté d’obtenir sa réaction, suite à cet accueil froid d’une partie du public. Le maire Watson a catégoriquement refusé de répondre à nos questions. Il a quitté en trombe le spectacle, dès le premier numéro musical.

Si Gisèle Lalonde appuie chaleureusement le mouvement en faveur d’une capitale bilingue, elle estime que le moment était peut-être mal choisi.

«Je trouvais que c’était de valeur ici, car il est quand même venu avec nous autres fêter», a-t-elle indiqué lors d’un entretien avec #ONfr. «Ottawa devrait être bilingue, c’est sûr! En fait, c’est la province qui devrait être bilingue!», a-t-elle complété.

Le conseiller municipal, Mathieu Fleury, dit comprendre la colère de certains citoyens. «Il ne faut pas juger, les gens ont le droit à l’émotion. Évidemment, c’est sensible. On l’a fait avec Montfort. On a bâti un momentum, on va y arriver (avec Ottawa ville bilingue)», a-t-il soutenu.

Selon lui, il faut plus que jamais convaincre les citoyens anglophones de la Capitale. «Dans la communauté francophone, on est uni. Il faut aller chercher nos appuis dans la communauté anglophone», a-t-il insisté.

 

Un spectacle riche en émotions

Pendant près de trois heures, de nombreux artistes franco-ontariens ont pris la scène entonnant de bon cœur des chansons connues du répertoire francophone de la province.

Damien Robitaille, Chuck Labelle, Gabrielle Goulet, Serge Monette, Moonfruits, Yao et plusieurs autres étaient du nombre. Zachary Richard, voix forte de la francophonie, est venu interpréter une chanson qu’il a dédié à Gisèle Lalonde.

Un hommage a aussi été livré à de grands disparus qui ont marqué la lutte: Jean-Robert Gauthier, Michel Gratton, Mauril Bélanger et Paul Demers.

La chanson de ce dernier, Notre Place, a d’ailleurs mis un terme au spectacle. La foule a chanté le nouvel hymne officiel des Franco-Ontariens de pair avec les artistes présents.

 

Tout au long de la semaine, #ONfr revient sur le vingtième anniversaire du grand ralliement de SOS Montfort. Pour en savoir plus: http://www5.tfo.org/onfr/

 

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.