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Le bris d’un pont névralgique préoccupe Queen’s Park

Le froid aurait fait céder deux joints de dilatation sur le pont de la route Transcanadienne sur la rivière Nipigon, à une centaine de kilomètres à l’est de Thunder Bay. Ministère des Transports de l'Ontario

TORONTO – La première ministre Kathleen Wynne promet d’«aller au fond des choses» à la suite du bris d’un nouveau pont sur la route Transcanadienne qui a complètement paralysé la circulation dans le nord de l’Ontario, dimanche 10 janvier et lundi 11 janvier.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Le froid aurait fait céder deux joints de dilatation sur le pont de la route Transcanadienne sur la rivière Nipigon, à une centaine de kilomètres à l’est de Thunder Bay, provoquant pendant plusieurs heures la fermeture complète de la structure et obligeant la circulation à un détour de près d’un millier de kilomètres par les États-Unis.

Le ministère des Transports de l’Ontario (MTO) a rouvert une voie de circulation en alternance sur le pont à haubans, le seul du genre dans la province, le matin du 11 janvier.

«Il y a beaucoup de questions à poser. Je n’ai pas les réponses à ce moment-ci. Je ne crois pas que personne sache vraiment ce qui est à la base du problème», a déclaré Kathleen Wynne lors d’un point de presse à Queen’s Park. «Mais nous irons au fond des choses. Nous allons comprendre ce qui s’est passé. Et nous allons régler le problème.»

La Transcanadienne est la seule route qui contourne le lac Supérieur par le nord à l’endroit où le bris est survenu, à la jonction des routes provinciales 11 et 17.

L’Ontario a inauguré, fin novembre, un nouveau pont à haubans à deux voies sur la rivière Nipigon. L’ancien pont a depuis été démoli pour faire place d’ici l’an prochain à une nouvelle structure à deux voies, elle aussi à tablier suspendu à des pylônes. Le tronçon routier doit passer de deux à quatre voies à la fin des travaux, évalués à 106 millions $.

 

«Lien vital»

«Je suis très préoccupée», a partagé Mme Wynne à la presse parlementaire. «C’est le lien vital du nord-ouest de l’Ontario. Ce pont relie l’est et l’ouest du pays.»

Des automobilistes et camionneurs ont dû rebrousser chemin ou passer la nuit dans le centre communautaire de la petite ville de Nipigon, converti en hébergement de fortune. D’autres ont dû emprunter un détour de près de 1000 kilomètres à travers trois États américains, entre Sault-Sainte-Marie et le poste frontalier de Pigeon River, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Thunder Bay.

Le progressiste-conservateur Michael Harris a demandé des comptes au gouvernement libéral à Queen’s Park «pour le transport économique entre l’ouest et l’est, pour le transport des marchandises nécessaires à nos communautés plus au nord et, finalement, pour la sécurité des automobilistes». Le néo-démocrate Michael Mantha a ironisé à son tour que «le plan d’infrastructure du gouvernement libéral pour le Nord ontarien semble être: passez par les États-Unis».

Il était trop tôt, au lendemain du bris du pont sur la rivière Nipigon, pour connaître l’étendue des dommages et la durée des travaux de réparation. Il était aussi trop tôt, selon la première ministre, pour évoquer de possibles sanctions contre les entrepreneurs Bot Construction et Ferrovial Agroman, qui ont construit la structure qui a flanché après seulement 42 jours.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org