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La SANB poursuit sa mue

(Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Kevin Arseneau. Crédit photo: Benjamin Vachet)
Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Kevin Arseneau.Crédit photo: Benjamin Vachet

OTTAWA – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a beau être repartie sur de bonnes bases, selon son président, Kevin Arseneau, beaucoup de travail reste à faire pour repositionner l’organisme.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«On aurait aimé faire plus mais nous avons été rattrapés par la réalité. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour reconstruire la SANB. Mais c’est comme en agriculture, avant de planter tes graines, tu dois vérifier que la terre est prête et de qualité», lance le président de la SANB et agriculteur, Kevin Arseneau, au lendemain de l’assemblée générale annuelle de l’organisme qui se tenait le dimanche 18 juin.

Les conflits entre les membres sont aujourd’hui apaisés, selon M. Arseneau, mais l’organisme doit apprendre à fonctionner dans sa nouvelle structure qui ne compte que des membres individuels.

«On voit un dynamisme et les gens semblent avoir confiance par rapport à ce qui a été fait. Mais on doit encore rebâtir notre image de marque et notre façon d’interagir avec nos membres. On veut quelque chose de plus interactif, pouvoir consulter les gens plus facilement et leur offrir la possibilité de s’investir dans toute sorte de dossier.»

L’environnement, par exemple, est selon M. Arseneau un sujet qui ne devrait pas être délaissé par la SANB puisque le but de l’organisme est d’assurer l’épanouissement du peuple acadien.

«On veut fonctionner de manière décentralisée et outiller les gens pour qu’ils puissent s’impliquer sur ce qui les intéresse.»

S’il dresse un bilan positif de ses huit mois passés à la tête de l’organisme, M. Arseneau souhaite que la prochaine assemblée générale de 2018 vienne «consacrer tout le travail qui aura été fait et entériner» la nouvelle SANB.

 

La SANB soutient Égalité Santé en français

Malgré ce travail de reconstruction, la SANB ne délaissera pas ses dossiers traditionnels comme l’éducation, l’immigration francophone, les arts et la culture et le respect de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick, assure le président.

Très active sur le sujet, la SANB surveillera également de près la nomination du nouveau commissaire aux langues officielles du Canada.

«Même si nous avons beaucoup travaillé sur la structure de la SANB, nous avons gardé une présence médiatique», glisse M. Arseneau.

Dans le domaine de la santé, l’organisme porte-parole des Acadiens a profité de son assemblée générale annuelle pour apporter son soutien à la poursuite d’Égalité Santé en français contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick. La démarche judiciaire vise à réclamer que la communauté linguistique acadienne et francophone ait le droit à la gestion pleine et entière de sa régie de santé.

«Ce n’est pas une question de se faire servir dans sa langue, mais d’avoir les institutions de santé francophones pour contrer l’assimilation et permettre la vitalité et le développement de la communauté acadienne et francophone», explique le président d’Égalité Santé en français, Hubert Dupuis. «Elle doit être maître chez elle et mener ses institutions, particulièrement celles de la santé, de façon autonome afin de déterminer son propre avenir.»

 

Les Acadiens se positionnent sur le dialogue constitutionnel

Par ailleurs, le président de la SANB voit d’un bon œil l’idée du Québec de rouvrir le dialogue constitutionnel.

«Nous avons décidé de réfléchir à quel pourrait être notre contribution à ce débat. Il n’est pas acceptable dans une confédération qu’une de nos provinces n’ait pas ratifié la constitution. Je pense que c’est une bonne idée d’avoir cette conversation et ça pourrait aussi être profitable aux communautés francophones minoritaires en assurant encore mieux leur reconnaissance, tout comme celle des peuples autochtones.»

Les membres de la SANB se sont également positionnés sur une requête des Malécites. La communauté acadienne veut appuyer la proposition de rebaptiser le fleuve Saint-Jean de son nom originel, Wolastoq, qui signifie «belle rivière».

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.