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«La SANB is back»

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) espère avoir tourné la page d’un an de crise à l’issue de son Assemblée générale annuelle (AGA), le dimanche 23 octobre, à Bathurst. Facebook SANB

BATHURST – La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) espère avoir tourné la page d’un an de crise à l’issue de son Assemblée générale annuelle (AGA), le dimanche 23 octobre, à Bathurst. C’est en tout cas le souhait de son nouveau président, Kevin Arseneau et de son directeur général, Ali Chaisson, pour qui la SANB est de retour.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Comme l’a dit un des participants cette fin de semaine, «La SANB is back». Notre organisme va redevenir l’interlocuteur politique non partisan qu’il doit être pour représenter les communautés francophone et acadienne du Nouveau-Brunswick sur les questions de droits linguistiques. Il est important de passer à autre chose, d’aller de l’avant et de se mettre au travail», explique le directeur général de la SANB, Ali Chaisson.

Enfoncée dans une crise identitaire depuis juin 2015, la SANB espère être arrivée au bout du tunnel. Sa dernière AGA a permis de valider les changements structurels qui ont été discutés ces derniers mois afin de tourner la page d’une crise qui avait conduit à la démission de six membres du conseil d’administration de la SANB.

À l’issue de l’AGA du 23 octobre, la SANB a décidé d’adopter la majorité des recommandations proposées par le comité de l’ancien ministre libérale de la Justice et de l’Éducation, Bernard Richard. Ces recommandations avaient récemment reçu un appui important lors d’un récent sondage mené auprès de 346 personnes.

Désormais, la SANB passe d’un conseil d’administration de 17 à 9 membres, dont un président et six représentants régionaux. L’organisme porte-parole des Francophones et des Acadiens du Nouveau-Brunswick ne sera composé que d’individus, et non plus également d’organismes, et les sections locales seront éliminées. Quant à la question de l’élection des membres du conseil d’administration au suffrage universel, elle reste encore à déterminer compte tenu des difficultés techniques et financières de réaliser un tel exercice.

 

Un nouveau président

Pour incarner le renouveau, la SANB a élu par acclamation un nouveau président. Ancien président de la Fédération des étudiants et étudiantes de l’Université de Moncton (FÉÉCUM), Kevin Arseneau, succède au président par intérim, Philippe Beaulieu, qui ne souhaitait pas se représenter.

«Je suis impliqué à la SANB depuis 2002-2003. J’ai longtemps hésité, mais j’ai finalement décidé de me présenter pour jouer un rôle de rassembleur. Je crois dans la raison d’être de la SANB et dans son mandat. Nous avons encore beaucoup à faire.»

Kevin Arseneau

Le jeune agriculteur de 31 ans ne se fixe pas d’objectifs trop ambitieux tout de suite, conscient du chemin qu’il reste à parcourir.

«Nous avons une nouvelle structure sur papier, maintenant il va falloir voir comment ça va se passer sur le terrain, notamment pour garder notre représentativité, tout en n’ayant plus de sections locales. Nous devons aussi améliorer notre communication et recruter de nouveaux membres… Plusieurs personnes se sont montrées intéressées ces derniers jours, mais d’autres sont encore sceptiques et il va falloir aller les chercher pour impliquer le plus de citoyens possible sur le terrain. Il y a beaucoup de travail à faire et il reste des dommages de la crise qui s’est passée.»

 

Être vigilant

Alors que plusieurs conflits linguistiques ont également fait les manchettes au Nouveau-Brunswick et que des militants opposés au bilinguisme se font entendre, M. Arseneau milite pour une vigilance raisonnée.

«Il ne s’agit que d’une petite minorité qui parle fort. Mais c’est vrai que quand on voit que le nouveau chef du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, est un unilingue anglophone et ancien membre du parti anti-bilinguisme, le parti Confederation of Regions (CoR), nous devons quand même rester vigilants. Mais je sais aussi que les Acadiens et les Francophones du Nouveau-Brunswick savent se lever quand c’est nécessaire!»

Sans donner une liste de revendications, le nouveau président de la SANB dit attendre beaucoup du gouvernement libéral de Brian Gallant.

«Nous attendons des actions concrètes, notamment sur les questions économiques.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.