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La proportion d’élèves franco-ontariens continue d’augmenter

L'Ontario compte plus de 100 000 élèves francophones. Archives

La représentation des élèves francophones au sein système scolaire ontarien s’accentue. Les données du ministère de l’Éducation de l’Ontario sont formelles: ils sont maintenant plus de 5,1 % dans les écoles de langue française, contre 4,2 % il y a dix ans.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

En 2014-2015, dernière période pour laquelle les chiffres du ministère sont définitifs, on comptait 101 838 élèves francophones pour un total de 2 003 237 élèves à travers la province. Un gros «mieux» si l’on compare à 2004-2005 où 89 839 élèves provenaient d’une école francophone, malgré un bassin alors plus large à travers la province (2 123 904 élèves).

Selon les prévisions du ministère, quelque 1 600 élèves auraient été inscrits à l’école de langue française pour 2015-2016, soit un total de plus de 103 000 élèves.

Des chiffres encourageants, somme toute, dans un contexte où la part des Franco-Ontariens dans la population totale de la province se retrouve progressivement grignotée.

Cette croissance a pour conséquence les défis de l’infrastructure. Vérification faite par #ONfr, la part financière accordée par le ministère de l’Éducation aux 12 conseils scolaires francophones n’a pas bougé depuis dix ans (environ 6,4 % de l’enveloppe totale). L’équivalent d’un peu plus de 1,6 milliard de dollars en 2015.

«Le financement est effectivement stable», analyse Monique Ménard, porte-parole de la campagne provinciale de promotion de l’éducation en langue française (ELF)  en entrevue pour #ONfr. «Concernant les demandes d’infrastructure, la réponse dépend de la démographie (…) Les conseils font en général leurs propres demandes. Le ministère de l’Éducation est à l’écoute, mais il y a encore du chemin à faire.»

Toujours est-il que les 12 conseils scolaires n’ont pas la même croissance. Parmi les mieux lotis: ceux de la région Centre-Sud-Ouest là où l’immigration ontarienne est la plus importante.

C’est entre autres le cas du Conseil scolaire Viamonde dont le nombre d’élèves a considérablement augmenté en dix ans (6 029 pour les chiffres de 2004-2005 contre 10 628, dix ans plus tard).

«Le défi des espaces est toujours important, si on ne veut pas avoir des portatives», souligne le président Jean-François L’Heureux. «Cela nous oblige aussi à l’embauche de personnel enseignant. Entre la forte croissance du côté des programmes d’immersion, et le programme maintenant de deux ans pour être enseignant (contre une année auparavant), il faut prendre les forces ailleurs.»

 

Décroissance

Cinq conseils scolaires sont en revanche en décroissance comparativement aux données d’il y a dix ans, dont quatre dans le Nord: le Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières (CSCDGR), et le Conseil scolaire catholique Franco-Nord (CSDCFN),  le Conseil scolaire public du Grand-Nord de l’Ontario (CSPGNO), et le Conseil scolaire catholique du Nouvel-Ontario (CSCNO).

Un grand nombre des plus de 40 000 places vacantes dans le système scolaire franco-ontarien se situerait dans le Nord.

Dans l’Est ontarien, le Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien (CSDCEO) accuse aussi une baisse sensible au cours des dix dernières années.

Le Conseil scolaire public du Nord-Est de l’Ontario (CSDNE), dont le siège est à North Bay, voit lui ses inscriptions en hausse depuis plusieurs années. Les résultats de 2014-2015 avec 1 966 élèves sont même presque le double qu’en 2002-2003.

Une autre institution éducative francophone dans le Nord qui échappe à un recul: le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales basé à Thunder Bay. Le plus petit conseil scolaire du réseau francophone comprend 771 élèves contre 588 dix ans auparavant. Une situation donc très particulière.

«Dans notre cas, c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne», explique à #ONfr, la présidente du conseil, Sylvie Payeur. «Le fait que nous sommes dans un petit milieu nous aide, et facilite le travail de sensibilisation.»

Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.