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La France s’intéresse de plus en plus à l’Ontario

Le drapeau de la France. Pixabay

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TORONTO – La France s’intéresse de plus en plus à l’Ontario. Le consul de France à Toronto qualifie la province de véritable leader en innovation et espère faciliter les échanges économiques et humains entre les deux territoires.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«L’Ontario c’est une grande partie de l’économie. C’est un cœur financier et économique. C’est surtout un endroit extraordinaire pour l’innovation. Je suis frappé et émerveillé quand je vois les start-ups à Toronto et à Waterloo, il y a énormément de potentiel», rapporte Marc Trouyet, qui a été nommé il y a un an à la tête du consulat de France à Toronto.

Le diplomate fait de l’accroissement des échanges économiques entre la France et l’Ontario l’une de ses priorités.

«Plus d’échanges économiques, donc plus de richesses échangées et plus d’emplois en Ontario et en France. L’échange économique, c’est le cœur de la richesse et le cœur du développement et de la production des emplois», lance le consul pour expliquer sa motivation d’investir une grande partie de ses énergies dans cette sphère.

La France est déjà le 12e partenaire commercial de l’Ontario. La valeur des biens de l’Ontario importés par la France s’est établie à 811 millions $ en 2012, alors que la France a exporté pour 1,8 milliard $ de biens en Ontario la même année.

«C’est ce potentiel qu’on veut développer en nouant des partenariats, en accroissant les relations institutionnelles et en accompagnant toujours plus d’entreprises dans leur installation et dans leur commerce», affirme le consul.

Marc Trouyet révèle que dans cette optique, plusieurs visites sont prévues au cours des prochains mois. La plus marquante est celle du premier ministre français Manuel Valls, qui doit faire au moins un arrêt en sol ontarien.

«Il y a toute une série de champs sur lesquels nos pays collaborent, on souhaite voir si tout avance bien […] On est dans des visites à forte portée symbolique et politique», dit le consul.

Des jeunes entrepreneurs français qui ont fondé des start-ups viendront aussi faire une tournée d’entreprises en juin à la recherche de nouveaux clients ontariens.

 

Des obstacles professionnels

Deux cents entreprises françaises sont installées en Ontario. Elles sont principalement actives dans l’aéronautique, les biotechnologies, l’agroalimentaire et les services. Les plus connues sont Essilor, Bouygues, Lafarge, Veolia, Thalès et Sodexo.

Le consul révèle que certaines ont rencontré des difficultés dernièrement dans leur tentative de faire venir des employés qualifiés de France en Ontario. Des changements menés en matière d’immigration par le gouvernement conservateur sortant sont responsables des complications dans l’obtention de visa de travail.

«Les choses se sont compliquées au cours ces dernières années, c’est plus difficile, notamment quand nos entreprises doivent faire venir des compétences très spécifiques. Il y a un processus d’analyse du marché qui est parfois long et complexe», explique Marc Trouyet.

Le retour du programme Avantage significatif francophone, tel qu’annoncé par le gouvernement de Justin Trudeau, est vu d’un bon œil par le consul. «On voit de façon tout à fait bénéfique le retour d’un programme de mobilité en faveur des locuteurs francophones. […] Ça va faciliter la vie des entreprises canadiennes ou franco-canadiennes qui ont besoin de compétences spécifiques et qui ont quelques difficultés pour trouver ces compétences», précise le consul.

Les autorités françaises mènent aussi en Ontario des négociations avec la province et différents ordres professionnels pour faciliter la reconnaissance des diplômes des deux côtés de l’Atlantique et la mobilité internationale.

«On a une reconnaissance des diplômes, ce qui veut dire qu’un jeune Canadien qui fait ses études de baccalauréat en Ontario peut ensuite aller faire sa maîtrise en France. Mais pour travailler, ce n’est pas la même chose. Un médecin français ou un ingénieur français ne peut pas directement travailler ici», s’attriste M. Trouyet.

 

Essor touristique

Les échanges économiques entre l’Ontario et la France se manifestent aussi dans le domaine du tourisme. La France est déjà depuis un bon moment la première destination touristique des Ontariens qui visitent l’Europe.

L’Ontario accueille pour sa part son lot de voyageurs de France. En 2012, les visiteurs français auraient d’ailleurs été responsables de 104 millions $ de retombées économiques en sol ontarien. D’ici 2018, elles devraient atteindre 191 millions $, soit une augmentation de 83%, rapporte le Partenariat ontarien de marketing touristique, l’OTMPC.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.