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La France célèbre 50 ans de collaborations avec Glendon

Une cérémonie a marqué le cinquantième anniversaire de la relation entre le Collège Glendon et la France Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier
Une cérémonie a marqué le cinquantième anniversaire de la relation entre le Collège Glendon et la France Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

TORONTO – Lors de sa naissance,  le Collège universitaire Glendon s’est tourné vers la France. Cinquante ans plus tard, l’institution universitaire bilingue célèbre ces liens, qui ont influencé son développement et qui continuent toujours de l’unir à l’Hexagone.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Le fondateur de Glendon, Escott Reid, a misé sur la France lorsqu’est venu le temps de recruter son personnel enseignant. Il y avait là davantage de professeurs détenteurs de doctorats qu’ailleurs dans les juridictions de la francophonie, dit-on.

Alain Baudot, du département d’études françaises, était l’un de ceux-là. Il avait 22 ans à l’époque. Il a tout quitté et a vécu aux premières loges les débuts du petit collège universitaire bilingue. «M. Reid est venu recruter des jeunes, dont j’étais, et sept enseignants sur huit étaient originaires de France», s’est-il rappelé lors d’une cérémonie marquant cinquante ans d’échanges entre Glendon et la France. Au fil des ans, des dizaines d’enseignants originaires de France ont foulé le sol de Glendon pour partager leur savoir. «Glendon doit beaucoup à la France», ajoute M. Baudot.

(Le campus du Collège Glendon à Toronto accueille chaque année de nombreux étudiants français. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier )
(Le campus du Collège Glendon à Toronto accueille chaque année de nombreux étudiants français. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier )

Glendon a connu son lot de défis, mais le français est malgré tout demeuré une caractéristique phare de l’institution, notamment grâce à l’appui de la France. «Il y a eu des moments difficiles. Il n’y avait pas assez d’étudiants au départ. On a souvent annoncé la mort de Glendon. York a aussi voulu nous fermer ou faire disparaître le volet francophone», se souvient-il.

Pour gonfler ses rangs, Glendon a pu compter sur les inscriptions de centaines d’étudiants français, grâce aux échanges et doubles diplômes mis en place au fil des ans avec des universités françaises. Des ententes qui ont aussi permis à de nombreux Canadiens d’étudier outre-Atlantique. «Les étudiants de Glendon bénéficient trois fois plus des programmes d’échanges avec la France que la moyenne des autres étudiants canadiens», s’est réjoui le consul de France à Toronto, Marc Trouyet.

Pour le consul Trouyet, le Collège Glendon est un phare de la francophonie en Ontario. «Il y a ici le souci d’une francophonie ouverte sur le monde, ce qui est important alors que l’Ontario a joint l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et qu’on a besoin d’un monde ouvert aux échanges et aux autres», a-t-il dit.

Lors de son discours, le consul a salué le concept de «bilinguisme asymétrique», mis de l’avant par le Collège Glendon. En effet, le français est utilisé en premier dans toutes les communications de l’institution universitaire.

<em>(Le consul de France, Marc Trouyet, et le Principal du Collège de Glendon, Donald Ipperciel. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier)</em>
(Le consul de France, Marc Trouyet, et le Principal du Collège de Glendon, Donald Ipperciel. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier)

Chaque année, de nouveaux partenariats voient le jour entre Glendon et la France. Le dernier en date est la création d’un diplôme commun avec l’École de commerce de Lyon. Si la France pousse fort pour développer de tels échanges, elle n’investit pas directement des fonds ici, insiste le Principal du Collège Glendon, Donald Ipperciel.

Mais l’implication de la France dans le succès de Glendon n’est pas désintéressée, admet-il. «Comme toute grande nation, la France cherche à rayonner. C’est une stratégie d’affaires étrangères cohérente pour une puissance mondiale. À travers ce rayonnement, elle augmente son influence», dit-il.

Une tradition renaîtra de ses cendres, cette année, dans le cadre du Jour de la Bastille. Comme cela était le cas à une certaine époque, Glendon accueillera à nouveau les célébrations du 14 juillet. «Avant, les Français de Toronto venaient ici, car Glendon est le bastion francophone de la région. On veut que ça renaisse. Il y a une vraie complicité avec les Français», insiste-t-il.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.