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La Cité de nouveau accusée d’antisyndicalisme par le SEFPO

Le collège La Cité est de nouveau accusé par le SEFPO d’intimider ses représentants. Archives #ONfr

OTTAWA – Déjà mis en cause en mars dernier par le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO), le collège La Cité est de nouveau accusé par l’organisation syndicale d’intimider ses représentants qui tentent de créer un syndicat pour les professeurs contractuels.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Dans une lettre adressée à la présidente de l’institution franco-ontarienne, Lise Bourgeois, le président de la SEFPO, Warren Thomas, lui demande de «respecter sa promesse et d’arrêter de harceler les employés contractuels du collège et les organisateurs syndicaux.»

Dans une vidéo (voir ci-dessous) et sur plusieurs photos en date du 2 mai 2017, et dont #ONfr a obtenu copie sans pouvoir toutefois en assurer l’authenticité, une organisatrice syndicale aurait été bloquée dans les couloirs de l’établissement par deux agents de sécurité qui lui demandent où elle se rend et qui tentent de l’empêcher de filmer. Selon l’agent des communications du SEFPO, Timothy Humphries, il s’agirait d’une organisatrice syndicale à qui il aurait finalement été demandé de quitter les lieux.

La SEFPO avait déjà rapporté des pratiques similaires en mars, reprochant à La Cité d’avoir expulsé la même organisatrice syndicale à deux reprises alors qu’elle encourageait des employés de La Cité à adhérer au syndicat.

Pour M. Humphries, il ne fait aucun doute que La Cité tente d’empêcher les professeurs contractuels de se syndiquer.

«Nous avons commencé une campagne de recrutement pour recueillir la signature de 35 % des professeurs contractuels afin qu’ils puissent ensuite voter pour la création d’une unité syndicale les représentant à La Cité. Le collège a peur de cette éventuelle syndicalisation parce qu’il n’a que peu de professeurs permanents et qu’il craint que ça lui coûte trop cher.»

 

Le collège reste muet

M. Thomas se dit étonné du comportement de l’institution franco-ontarienne.

«Depuis [les incidents rapportés en mars], le collège a assigné du personnel de sécurité pour suivre les organisateurs syndicaux quand ils parlent aux employés hors des salles de classe, dans les couloirs et à la cafétéria», écrit-il, indiquant que les employés comme les membres de son syndicat, ne se sentent pas en sécurité, ni à l’aise face à ces comportements que le président de la SEFPO juge antisyndicaux.

Interrogé par #ONfr, M. Humphries assure que le syndicat ne fait rien d’illégal et veut juste pouvoir faire son travail en paix.

Cette controverse intervient alors que le collège La Cité a récemment été nommé parmi les meilleurs employeurs de la région de la capitale nationale par Canada’s Top 100 Employers.

«Laissez à vos employés contractuels la liberté de choix que la Charte canadienne des droits et libertés leur garantit!», conclut M. Thomas.

Le professeur de l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa, Gilles LeVasseur, explique que les règles du code du travail sont claires dans le domaine.

«Le collège peut dépêcher un agent de sécurité pour assurer la protection de ses édifices, tant que celui-ci n’intervient pas dans le travail des représentants syndicaux, à moins que ceux-ci menacent la sécurité des gens sur place ou perturbent le bon fonctionnement de l’institution. Tant que les activités du syndicat sont légitimes, comme de solliciter des adhésions, l’agent de sécurité ne peut pas intervenir.»

M. LeVasseur ajoute toutefois que la crainte d’une grève des professeurs contractuels pourrait expliquer ce comportement.

«Il y a beaucoup de professeurs contractuels à La Cité et s’ils se syndiquent, ils pourraient voter une grève pour protester contre le faible nombre de postes permanents.»

Contacté par #ONfr, le collège La Cité a indiqué ne pas avoir de commentaire à faire.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.