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Kathleen Wynne: «Nous refusons de nous taire»

Des agents de la police de Toronto se sont ajoutés au cortège de sécurité habituel à Queen's Park, après que deux fusillades eurent secoué le secteur du parlement à Ottawa, le 22 octobre. (Photo: François Pierre Dufault)

TORONTO – Les parlementaires de l’Ontario ont «refusé de se taire» et ont maintenu leur période de questions quotidienne à l’Assemblée législative, à Toronto, malgré les fusillades qui ont secoué les édifices du parlement fédéral à Ottawa, le mercredi 22 octobre.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Les portes de Queen’s Park sont demeurées ouvertes, bien que plus étroitement surveillées. Des agents de la police de Toronto se sont ajoutés au cortège de sécurité habituel au parlement provincial.

«Nous croyons que les gens qui utilisent la violence pour s’en prendre à notre démocratie veulent nous réduire au silence. Et nous refusons de nous taire», a déclaré la première ministre Kathleen Wynne, chaudement applaudie par tous les parlementaires.

L’Assemblée législative a ensuite observé une minute de silence.

«Nous allons continuer à surveiller la situation de près», a affirmé Yasir Naqui, député d’Ottawa-Centre, où est situé le parlement fédéral, et ministre provincial de la Sécurité communautaire. «Je suis confiant que nous avons en place les mesures de sécurité appropriées».

«Je n’ai pas peur d’être ici. Je suis fière, en fait, que nous puissions nous tenir debout devant ce qui ressemble à un acte de terrorisme», a défié la progressiste-conservatrice Lisa MacLeod, elle aussi une élue d’Ottawa.

Deux fusillades

Les autorités ont rapporté deux fusillades autour et à l’intérieur du parlement, à Ottawa, le matin du 22 octobre. Un soldat en uniforme a été abattu près du Monument commémoratif de guerre, à un jet de pierre de la colline parlementaire. Le tireur présumé a ensuite réussi à pénétrer dans le parlement, où il a été abattu par le sergent d’armes de la Chambre des communes.

La situation sans précédent a complètement paralysé le centre-ville de la capitale nationale pendant plusieurs heures. Un périmètre de sécurité a été érigé autour du parlement. L’hôtel de ville et l’Université d’Ottawa, entre autres, ont été placés en confinement.

«J’ai beaucoup de peine», a partagé Madeleine Meilleur, Procureure générale de l’Ontario et députée d’Ottawa-Vanier. «C’est malheureux qu’un incident de la sorte soit arrivé. On ne pense jamais que ça va arriver si près de nous».

Revoir la sécurité à Queen’s Park?

Les événements à Ottawa ont amené certains élus provinciaux à se questionner sur le niveau de sécurité à Queen’s Park, où personne – pas même le sergent d’armes – n’est présentement armé.

En cas d’urgence, la sécurité à Queen’s Park doit faire appel à la police municipale de Toronto.

Le chef progressiste-conservateur Jim Wilson s’est dit favorable à ce qu’on relève d’un cran le dispositif de protection de l’Assemblée législative de l’Ontario et, possiblement, qu’on arme les agents de sécurité aux portes de l’édifice.

«Je ne crois pas qu’au plus fort de nos émotions, après ce qui s’est produit à Ottawa, que ce soit le meilleur moment pour décider si des changements (à notre dispositif de sécurité) sont nécessaires», a tempéré Andrea Horwath, chef du Nouveau Parti démocratique. «Je crois qu’il faut prendre le temps de tirer des leçons de la situation à Ottawa. Il faut être rationnel.»

«Je vais laisser ça aux professionnels», a délégué Mme Meilleur.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org