#Francophonie, #Ontario

«Je leur souhaite l’université francophone»

PENETANGUISHENE – La ministre déléguée aux affaires francophones, Madeleine Meilleur, affirme ne pas quitter la vie politique pour des raisons négatives et considère laisser un riche héritage aux Franco-Ontariens.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Je souhaite aux francophones de la province de continuer à progresser, je leur souhaite plus d’écoles francophones, je leur souhaite l’université francophone», a lancé Mme Meilleur, à l’occasion d’une entrevue avec #ONfr.

Alors qu’un rapport d’experts suggère d’aller de l’avant avec le projet d’université franco-ontarienne, Mme Meilleur semble plus que jamais prendre pour acquis qu’elle verra le jour le gouvernement libéral actuel.

«Je leur souhaite aussi (aux Franco-Ontariens) plus d’écoles d’immersion. La francophonie, ce n’est pas seulement les francophones, c’est aussi ceux qui vont aller dans nos écoles d’immersion et qui vont continuer au collège francophone…et à l’université francophone», a-t-elle lancé.

Elle a balayé du revers de la main la thèse selon laquelle son difficile printemps politique puisse avoir contribué à sa décision. «Les gens pensent toujours qu’on part en raison de trucs négatifs. Il y en a pas», avait-elle affirmé plus tôt en journée.

En entrevue, elle a précisé sa pensée. «J’ai fait le point dans ma vie. J’y pense depuis Noël. Je vois mon collègue au fédéral, Mauril Bélanger, malheureusement diagnostiqué avec la maladie de Lou Gehrig. Lui aussi, il est dans l’engrenage. On fait de la politique, on rencontre les gens, mais on néglige souvent les siens. Je suis à l’apogée de ma carrière politique et je laisse la chance à quelqu’un d’autre», a-t-elle confié.

Plusieurs intervenants franco-ontariens rapportent qu’en coulisse Madeleine Meilleur a souvent dû se battre pour faire avancer les droits des francophones auprès de ses collègues ministres. Publiquement, la principale intéressée nuance ces affirmations.

«Je ne sais pas si je veux utiliser le terme me battre. J’ai eu deux excellents premiers ministres, deux francophiles. J’ai dû amener mes projets à mes collègues et il y a eu une belle collégialité, une belle collaboration», dit-elle.

 

Marie-France Lalonde pour la succession?

Elle affirme qu’au cours de ses 25 ans de vie politique, elle a fait avancer les services en français de l’Ontario. Mme Meilleur est bien fière de la création d’un poste de commissaire aux services en français et de l’accroissement du nombre d’écoles francophones dans la province.

Mme Meilleur espère que sa collègue Marie-France Lalonde pourra prendre le relais et la remplacer à titre de ministre des Affaires francophones. Bien sûr, si c’est le souhait de la première ministre Kathleen Wynne, tient-elle à ajouter.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.