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Investiture libérale: un débat sans surprise dans Ottawa-Vanier

Les candidats à l’investiture libérale fédérale dans Ottawa-Vanier s’affrontaient lors d’un débat bilingue organisé au Centre communautaire Richelieu-Vanier, le jeudi 5 janvier. Crédit photo: Benjamin Vachet

OTTAWA – Les candidats à l’investiture libérale fédérale dans Ottawa-Vanier s’affrontaient lors d’un débat organisé au Centre communautaire Richelieu-Vanier, le jeudi 5 janvier. Si aucune proposition faite par les neuf candidats n’aura vraiment surpris, la question du bilinguisme officiel d’Ottawa aura occupé une bonne place.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

À deux reprises, la question est revenue de manière différente sur le devant de la scène. Que ce soit pour parler du développement de la communauté francophone dans la circonscription ou pour savoir quelle place le gouvernement fédéral peut occuper dans ce débat, les neuf candidats présents auront montré de l’ouverture au bilinguisme officiel d’Ottawa.

Mais si certains l’ont appuyé sans réserve, comme les francophones Véronique Soucy, Mona Fortier, Francis LeBlanc, Jean-Claude Dubuisson et les anglophones Khatera Akbari et Ainsley Malhotra, d’autres, en revanche, se sont montrés plus prudents. Nicolas Moyer et Abdourahman Kahin ont renvoyé la balle aux gouvernements municipal et provincial, pendant qu’Éric Khaiat s’est dit inquiet des éventuelles répercussions sur les employés unilingues.

À l’issue du débat, certains membres francophones dans le public s’étonnaient de voir les candidats anglophones encore plus affirmés dans leur appui pour le bilinguisme officiel de la capitale du Canada.

Les candidats s’entendent toutefois sur le fait que le gouvernement fédéral doit faire preuve de leadership dans ce dossier, et ce alors que le premier ministre Justin Trudeau a suscité de vives réactions quand interrogé sur cette question pendant le temps des Fêtes. «Baveux», selon ses propres termes, le premier ministre avait alors demandé si Gatineau serait prête à en faire autant.

La francophonie a obtenu une certaine place dans ce débat bilingue qui aura également permis d’évaluer les capacités linguistiques des candidats eux-mêmes. Si tous ont joué le jeu de commencer à répondre aux questions du public selon la langue dans laquelle celles-ci avaient été posées, Mme Akbari et Mme Malhotra ont montré quelques difficultés en français, alors que côté francophone, M. Kahin était clairement plus à son aise dans la langue de Molière.

Mais dans une circonscription à 30 % francophone, l’association locale semble accorder une certaine importance aux capacités linguistiques de celui ou celle qui aura la charge de conserver l’ancien siège du Franco-Ontarien, Mauril Bélanger, dans le giron libéral.

 

Consensus

Dans un débat courtois et sans grand relief, le public était invité à poser neuf questions aux candidats qui avaient ensuite moins d’une minute pour répondre. Finalement, dans un tel format, aucun des prétendants à l’investiture du Parti libéral du Canada (PLC) dans Ottawa-Vanier n’aura eu l’occasion de vraiment se distinguer par des propositions hors de l’ordinaire.

Devant la salle comble du Centre communautaire Richelieu-Vanier, le consensus s’est souvent imposé dans leurs prises de position. Que ce soit sur la manière de régler les problèmes de circulation des camions sur l’avenue King-Edward, sur le sujet de l’itinérance, de l’insécurité ou des défis que rencontre Ottawa-Vanier en matière de développement économique ou d’emploi, chacun aura prôné pour un travail de collaboration avec les différents paliers de gouvernement. Même la délicate question d’un centre d’injection supervisée dans la circonscription n’a donné lieu à aucune division, les candidats se disant favorables à un tel projet. Seule la question des collectes de fonds organisées par les partis politiques a semblé désarçonner un peu les neuf candidats.

Pour égayer un peu un débat qui commençait par manquer d’enthousiasme, les candidats ont finalement eu l’occasion de parler plus personnellement indiquant s’ils avaient un animal de compagnie, quel était leur film préféré ou s’ils supportaient les Sénateurs d’Ottawa.

 

Pas de date connue

Le président de l’Association libérale dans Ottawa-Vanier, Tony Stikeman, se montrait satisfait à l’issue de la soirée.

«Je suis très content de la façon dont s’est déroulé le débat ce soir et de la participation du public puisque nous avions quelque 300 personnes! Nous avons de très bons candidats, très articulés. Les questions du public ont couvert la majorité des enjeux qui touchent Ottawa-Vanier et je ne suis pas surpris de l’importance qu’a pris celle du bilinguisme d’Ottawa, car c’est un enjeu qui intéresse beaucoup de gens à Ottawa, d’autant plus en cette année de 150e anniversaire de la Confédération canadienne.»

Un autre débat pourrait encore avoir lieu avant l’investiture libérale dans Ottawa-Vanier dont la date n’a pas encore filtré. Des rumeurs parlent de la fin du mois de janvier alors que le gouvernement a jusqu’au 19 février pour annoncer la date de l’élection partielle dans Ottawa-Vanier, selon les règles d’Élections Canada. S’ils étaient neuf candidats à participer au débat, dix prétendants briguent actuellement l’investiture libérale fédérale dans la circonscription, Persévérance Mayer ne s’étant pas présentée jeudi soir.

De leur côté, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a déjà sa candidate en la personne d’Emilie Taman, alors que le Parti conservateur du Canada (PCC) n’a pas encore choisi qui le représentera pour les élections partielles dans Ottawa-Vanier.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.