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Immigration francophone: une victoire pour la FCFA

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum a annoncé, jeudi 17 mars, un programme pour attirer des immigrants francophones hors Québec. Archives

OTTAWA – Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, John McCallum, a annoncé, jeudi 17 mars, le retour du programme Avantage significatif francophone (ASF). Une demande maintes fois exprimée par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Quinze jours après avoir ouvert la porte au retour du programme Avantage significatif francophone lors de la 10e Journée de réflexion sur l’immigration francophone, le 2 mars dernier, à Toronto, le ministre McCallum a concrétisé son engagement.

Dans un communiqué, son ministère annonce qu’un nouveau volet du Programme de mobilité internationale sera lancé le 1er juin, dont l’objectif sera d’attirer des travailleurs qualifiés francophones au Canada et de les encourager à s’établir dans des collectivités à l’extérieur du Québec.

Pour y parvenir, le volet Mobilité francophone prévoit que les employeurs n’auront pas à effectuer le processus d’étude d’impact sur le marché du travail quand ils embauchent des travailleurs francophones étrangers pour des emplois de gestion, des emplois professionnels et des emplois techniques et spécialisés au sein de collectivités francophones en situation minoritaire à l’extérieur du Québec.

«C’est exactement ce que faisait le programme Avantage significatif francophone!», se réjouit la présidente de la FCFA, Sylviane Lanthier.

Le message de la FCFA a donc visiblement été entendu par le ministre.

«Nous voulons que les collectivités francophones en situation minoritaire du Canada continuent d’être dynamiques et qu’elles poursuivent leur essor. C’est pourquoi nous allons encourager les travailleurs qualifiés francophones à venir au Canada et à s’établir dans des collectivités à l’extérieur du Québec, ainsi qu’à présenter une demande de résidence permanente s’ils souhaitent rester.»

Selon la FCFA, il s’agit d’une version très similaire du programme ASF qui avait été supprimé en septembre 2014 par le gouvernement de Stephen Harper. Cette décision avait suscité une vive déception de l’organisme porte-parole des francophones hors Québec et de ses partenaires. L’organisme précise toutefois qu’il fera un travail de vérification pour s’assurer que le nouveau volet du Programme de mobilité internationale comprend bien tous les aspects et mécanismes qui composaient l’ASF.

Joint par #ONfr, le ministère confirme les similitudes: «À compter du 1er juin 2016, la catégorie Mobilité francophone sera un nouveau volet du Programme de mobilité internationale. Lorsqu’il sera lancé, le volet Mobilité francophone sera très similaire au programme Avantage significatif francophone qui a été supprimé en septembre 2014.»

 

Atteindre la cible de 4,4% en 2023

La FCFA a fait de l’immigration un de ses chevaux de bataille afin de garantir et d’assurer la vitalité des communautés francophones en contexte minoritaire.

«Nous sommes très contents que le gouvernement relance cette initiative. D’ailleurs, plusieurs travailleurs temporaires qui ont bénéficié de l’ASF ont eu et continuent d’avoir des difficultés considérables à rester au pays après sa disparition, et des communautés entières ont été déstabilisées. Nous encourageons le gouvernement à envisager des mesures de réparation à cet égard», souligne Mme Lanthier.

Le nouveau programme doit aider le gouvernement fédéral à atteindre son objectif d’au moins 4,4% d’immigration francophone hors Québec d’ici 2023.

«La diversité du Canada est enrichie par ses communautés francophones en situation minoritaire partout à travers le pays. Nous souhaitons que ces communautés s’épanouissent dans tout le pays, et l’immigration est un élément stratégique pour assurer leur vitalité et leur prospérité», ajoute la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly.

Tout en saluant l’annonce faite par le gouvernement, la FCFA dit vouloir collaborer avec le gouvernement afin que le nouveau volet du Programme de mobilité internationale s’inscrive dans une stratégie plus large pour favoriser l’immigration au sein des communautés francophones et acadiennes.

«Dans notre boîte à outils, nous n’avons pas tout ce qu’il nous faut pour atteindre nos cibles et nos objectifs en matière d’accueil et d’établissement. On continuera donc à travailler avec le gouvernement pour qu’ensemble, on puisse aller chercher des résultats significatifs au bénéfice de nos communautés et du pays tout entier», conclut Mme Lanthier.

 

Réactions enthousiastes en Ontario

En Ontario, l’organisme d’accueil et d’aide pour les immigrants francophones de Toronto, La Passerelle-I.DÉ a salué une «excellente nouvelle».

«Nous sommes vraiment très satisfaits de cette nouvelle, c’est un très bon début et cela prouve que le gouvernement fait ce qu’il avait dit en agissant vite. La suppression du programme Avantage significatif francophone avait eu de grosses conséquences sur le terrain. Nous avions vu de nombreux francophones être obligés de repartir. On va prendre le temps de bien analyser ce nouveau programme, mais pour l’instant nous sommes surtout heureux», a commenté la directrice générale de l’organisme, Léonie Tchatat,

De son côté, la présidente de Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE Ontario), Nathalie Grenier, parle d’une avancée significative pour les employeurs.

«Ce nouveau programme est une avancée significative, notamment pour les employeurs avec lesquels notre programme  en immigration économique,  »La Bonne affaire » transige quotidiennement. Dans le cadre du volet Mobilité francophone, le fait d’éliminer le processus d’étude d’impact sur le marché du travail simplifie les démarches administratives. Il va permettre pour les employeurs d’accélérer l’arrivée d’une main d’œuvre francophone qualifiée pour répondre adéquatement à leurs besoins. Ce sera un mécanisme efficace pour pallier au manque actuel de professionnels francophones sur le marché de l’emploi ontarien.»

Le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté indique que les employeurs qui embaucheront des travailleurs étrangers sous le Programme de mobilité internationale devront fournir des renseignements pertinents sur leur entreprise ou leur organisation, expliquer l’offre d’emploi qui a été faite au ressortissant étranger et payer des frais de 230 $ relatifs à la conformité de l’employeur à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) avant que le travailleur ne présente sa demande du permis de travail. Selon le ministère, les frais perçus doivent servir à couvrir les coûts du système de surveillance de la conformité pour les employeurs qui embauchent les travailleurs étrangers temporaires du Programme de mobilité internationale. Ce régime prévoit notamment des inspections sur place et des inspections aléatoires des documents des employés afin de veiller à ce que les employeurs n’utilisent pas le programme à mauvais escient et ne maltraitent pas les travailleurs temporaires, précise le ministère par courriel.

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.