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Immigration francophone: une cible difficile à atteindre pour McCallum

OTTAWA – À moins de deux ans de l’échéance fixée par le gouvernement fédéral, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC), John McCallum, reconnaît que l’objectif de 4% de nouveaux arrivants francophones parmi les immigrants économiques du Canada à l’extérieur du Québec en 2018, sera difficile à atteindre.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Nous travaillons fort pour atteindre cette cible. Nous en sommes loin maintenant, je dois l’avouer, mais c’est un dossier que nous prenons très au sérieux avec ma collègue Mélanie Joly (ministre du Patrimoine canadien). Nous travaillons avec nos homologues provinciaux pour corriger la situation. Nous allons nous rencontrer au printemps au Nouveau-Brunswick sur le sujet. Oui, il nous reste beaucoup de travail à faire, mais nous sommes déterminés de réussir», a déclaré le ministre McCallum, en marge d’une célébration de la Semaine nationale de l’immigration francophone, organisée le mercredi 2 novembre, à l’École secondaire De La Salle, à Ottawa.

Le gouvernement fédéral s’est fixé une cible de 4 % de nouveaux arrivants francophones parmi les immigrants économiques qui s’installent à l’extérieur du Québec dès 2018. Cette cible doit ensuite atteindre 4,4 % d’immigration francophone toutes catégories confondues en 2023.

Mais selon les chiffres fournis récemment par IRCC lors d’une comparution devant le comité permanent des langues officielles, l’immigration francophone à l’extérieur du Québec stagne à 1,5 % depuis dix ans.

Le ministre McCallum promet de nouvelles mesures, après le rétablissement d’un programme de stimulation de l’immigration francophone, Mobilité francophone, le 1er juin dernier.

«Nous avons introduit le programme Mobilité francophone, nous examinons maintenant la possibilité d’accorder plus de points aux immigrants francophones qui passent par le programme Entrée express. Cela ferait une différence importante. Enfin, il y a aussi la question de revoir la définition d’un francophone, je pense que tout le monde est d’accord qu’il faudrait la changer et cela augmenterait les chiffres.»

 

La FCFA demande du concret

La vice-présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Audrey LaBrie, s’attend à des actions concrètes de la part du gouvernement.

«Nous saluons la volonté du gouvernement d’agir dans ce dossier, mais maintenant, nous voulons la voir se concrétiser par des actions. Pour atteindre la cible, on pense qu’il faut rassembler toutes les mesures gagnantes et inclure des lentilles francophones aux programmes d’immigration. Ça va de la promotion à l’étranger jusqu’à l’établissement des nouveaux arrivants, et ensuite aux services offerts sur place. On a besoin que nos capacités d’accueil soient bonifiées. Les gens sur le terrain font déjà un travail formidable, mais on ressent un besoin d’augmenter leurs capacités.»

Et cela ne passe pas uniquement par plus de ressources financières, explique Mme LaBrie.

«Cela passe aussi par une meilleure compréhension de la réalité de l’immigration francophone et par une meilleure sensibilisation.»

La Feuille de route pour les langues officielles ne doit pas être la seule manière de financer des initiatives en matière d’immigration francophone, pense la FCFA.

«C’est un bon point de départ, mais l’immigration francophone est un projet de société et les fonds doivent donc venir de divers paliers.»

Le 19 octobre dernier, la FCFA a présenté huit recommandations devant le comité permanent des langues officielles pour augmenter l’immigration francophone à l’extérieur du Québec. L’organisme porte-parole des francophones en contexte minoritaire réclamait notamment du «par et pour» les communautés francophones, regrettant que beaucoup de services bilingues en immigration soient offerts par des organismes anglophones.

«On veut que ce soient nos communautés qui accueillent les nouveaux arrivants et non des organismes de la majorité. On veut que les nouveaux arrivants francophones commencent leur parcours dans nos communautés dès qu’ils arrivent pour qu’ils puissent ensuite bien s’y intégrer.»

Le ministre McCallum se dit ouvert à étudier la demande de la FCFA.

«Je travaille sur ça aussi. La question est de savoir, dans les villes où il y a peu de francophones, si on peut avoir ce service. Mais je suis très conscient de ce désir.»

En attendant, la vice-présidente de la FCFA préfère rester optimiste quant à l’atteinte de la cible.

« On va rester optimiste, on n’est pas encore en 2018, mais on attend des mesures concrètes pour y parvenir.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.