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Immigration francophone: Toronto privilégiée en Ontario

Le prix des maisons a augmenté de 33 % en l'espace d'un an, selon un rapport. Crédit image: Archives #ONfr

TORONTO – Les immigrants francophones en Ontario choisissent en priorité Toronto. D’après les chiffres de la dernière Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, plus de 45 % d’entre eux ont emménagé dans la Ville-Reine de 2006 à 2011.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @SebPierroz

L’équivalent d’un total de 5 615 personnes sur les quelque 10 000 immigrants francophones arrivés en Ontario dans la même période.

Les chiffres des recensements des cinquante dernières années confirment cette tendance: Toronto est continuellement la ville la plus accueillante pour les nouveaux arrivants, et ce devant Ottawa.

«Il s’agit d’une ville cosmopolite, où beaucoup d’immigrants francophones viennent pour devenir bilingue», analyse Léonie Tchatat, présidente de La Passerelle-I-D-É, organisme d’aide aux immigrants. «Toronto devient véritablement une destination royale.»

Bien qu’en tête du classement, Toronto se partage le gros de l’immigration francophone avec l’autre grande ville de l’Ontario, Ottawa. De 2006 à 2011, 39 % des nouveaux arrivants francophones optaient pour la capitale fédérale comme premier lieu d’établissement au Canada.

Ottawa talonne même régulièrement Toronto. Entre 2001 et 2005, une proportion de 24,9 % des immigrants francophones en Ontario ont choisi Ottawa, contre 30,1 % pour Toronto. Une différence toujours à l’avantage  de Toronto entre 1991 et 2000 (43,7 % contre 39,9 %).

«Ottawa est certes la deuxième destination, mais elle bénéficie beaucoup plus des migrations interprovinciales, du fait de sa proximité avec le Québec», explique Luisa Veronis, professeur à l’Université d’Ottawa (U d’O).

Selon les différentes entrevues effectuées avec des services d’immigration par le Département de géographie de l’U d’O, Ottawa jouirait de sa «taille moyenne», et d’une «bonne» qualité de vie.

Les risques d’assimilation sont par ailleurs beaucoup plus grands à Toronto, prévient Mme Veronis. «Premièrement, les nombres parlent d’eux-mêmes: 5000 nouveaux arrivants dans une ville de quatre millions ou plus en comparaison aux 4 000 nouveaux arrivants dans une ville d’un peu moins d’un million, en l’occurrence Ottawa, ce n’est pas la même chose. Deuxio, l’accès aux services en français, qui est nettement meilleur à Ottawa qu’à Toronto, joue un rôle.»

 

Vide derrière

Si Toronto et Ottawa se partagent la majeure partie du gâteau, les autres villes doivent se contenter des miettes. Sudbury, considérée comme le troisième grand foyer franco-ontarien, n’a accueilli que 105 immigrants francophones, entre 2006 et 2011, soit une proportion de 0,84 %.

Les chiffres de l’ENM sont encore plus sombres pour les autres grandes villes du nord-ontarien. North Bay, Timmins, Sault-Sainte-Marie et Thunder Bay n’auraient accueilli aucun nouvel arrivant francophone sur la période donnée.

Dans l’Est ontarien, Cornwall et Hawkesbury affichent elles aussi un zéro pointé, confirmant les difficultés démographiques de l’Est ontarien pour attirer des immigrants francophones.

En réalité, le lent déplacement des francophones vers la région du Centre-Sud-Ouest se manifeste à travers les chiffres proposés par Statistique Canada. Hamilton a ainsi accueilli 675 immigrants francophones sur ladite période, 375 pour Saint Catharines, et 300 pour Windsor.

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org