#Francophonie, #Ontario

«C’est important d’avoir une université francophone à Toronto»

Le conseiller municipal Norm Kelly a appuyé sans équivoque le projet d'université francophone Crédit image: Greacieuseté

TORONTO – Le comité français de Toronto a appuyé une motion appelant le conseil municipal à appuyer à son tour le projet d’université francophone en Ontario. Reste à voir ce que les élus de la Ville feront de cette recommandation, alors qu’une initiative similaire pour une Maison de la francophonie n’a eu que peu de retombées.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Toronto est devenue la métropole du Canada. Elle est en train de devenir une des principales métropoles de la planète. Il n’y a pas de meilleur endroit que Toronto pour une université francophone», a lancé le conseiller municipal, Norm Kelly, chargé de présider le comité français de Toronto, lors de la réunion de ce même groupe, le lundi 5 décembre.

Les membres de la communauté siégeant au comité ont voté à l’unanimité en faveur de la motion appelant les élus torontois à appuyer le projet. «J’aimerais que cette université francophone se retrouve en plein cœur de Toronto et qu’elle contribue à la vitalité du centre-ville», a même soutenu Norm Kelly, dans un élan d’enthousiasme, promettant d’appuyer le projet.

Quelques instants plus tôt, Alain Dupuis, invité à titre de représentant du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), a pris la parole pour expliquer la nature du projet tant réclamé par son organisation.

Le comité français de Toronto a appuyé une motion visant à soumettre le projet d'université francophone au conseil de ville de Toronto Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

Il a souligné que nombre d’étudiants francophones du Grand Toronto tournent le dos aux études postsecondaires en français dans cette région en raison du manque d’offres de cours et de programmes dans leur langue. Certains vont vers des institutions anglophones, d’autres quittent purement et simplement cette région, ce qui provoque un exode de francophones qualifiés.

«Si le Conseil de planification de Dyane Adam choisit Toronto, ça serait bien que la ville connaisse le projet et soit disposée à l’appuyer. Mme Adam va explorer des lieux pour un campus… est-ce que la Ville pourrait l’aider? Un appui de la plus grande ville du Canada ne serait pas négligeable», a indiqué Alain Dupuis, lors d’un entretien avec #ONfr.

Quelle est la suite?

Il faudra voir quel sera maintenant le parcours de cette motion. Une initiative similaire menée l’an dernier par le comité français de Toronto a depuis eu des conséquences limitées. Lors de la réunion, les employés de la Ville ont même admis aux membres du comité français ne pas savoir où en était la motion de l’an dernier sur la Maison de la francophonie.

Selon les informations disponibles en ligne, aucun vote du conseil municipal de Toronto n’a eu lieu sur le dossier de la Maison de la francophonie. Elle a néanmoins poursuivi son chemin dans l’appareil bureaucratique municipal et elle est dorénavant entre les mains de fonctionnaires, qui l’étudieraient depuis juin.

Qu’adviendra-t-il de la motion sur le projet d’université francophone? Gilles Marchildon compte surveiller les développements de près pour s’assurer que la motion est l’effet voulu.

«Dans le cas de la motion, il va falloir s’assurer d’un meilleur suivi. Depuis deux ans, on a eu plusieurs motions, soit celle sur la Maison, celle sur les services en français dans la police et celle sur les services en français dans la santé publique. Dans le cas de l’Université, on espère que la motion va aller de l’avant et nous comptons faire un suivi serré», a confié l’ancien président de l’ACFO-Toronto, qui représente toujours l’organisme auprès du comité français.

Norm Kelly a indiqué à #ONfr que la motion ira devant le Comité de gestion de la Ville, qui devrait demander l’élaboration d’un rapport qui étudiera la recommandation faite au conseil municipal. Un rapport qui ne devrait pas sortir avant le milieu de 2017, à son avis. «Je vais m’assurer avec les fonctionnaires pour que la recommandation faite soit: que la Ville veut une université francophone», a-t-il dit.

 

 

 

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.