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Il faut défendre l’unité nationale, dit Trudeau

Le chef libéral fédéral Justin Trudeau avec le député franco-ontarien Mauril Bélanger. (Photo: Étienne Fortin-Gauthier)

TORONTO – Les francophones hors-Québec font de l’unité nationale une priorité, selon le chef libéral fédéral Justin Trudeau, qui leur demande de ne pas se laisser séduire par le Nouveau Parti démocratique (NPD) qui, dit-il, fragiliserait le Canada.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Pour les francophones hors-Québec, l’unité nationale demeure un enjeu important. Le fait que Thomas Mulcair continue à être en désaccord avec la Cour suprême et qu’il veuille rendre plus facile, pour ceux qui veulent briser le Canada, de séparer le Québec du reste du pays, je trouve ça déplorable», a répondu Justin Trudeau lorsqu’il a été invité par #ONfr à faire des propositions aux francophones du pays vivant en milieu minoritaire.

Le chef libéral fait référence à la Déclaration de Sherbrooke, adoptée en 2005 par le NPD. Un gouvernement néo-démocrate reconnaîtrait un référendum gagnant au Québec avec 50% plus un vote, selon cette déclaration.

«Les francophones qui vivent à travers le Canada font bien de demander au NPD comment il compte défendre les intérêts des francophones dans ce pays, quand le parti encourage en même temps le séparatisme québécois», a poursuivi M. Trudeau.

À la fin du mois d’août, Thomas Mulcair a promis qu’il travaillerait à augmenter les droits des minorités linguistiques du pays s’il devenait premier ministre.

Justin Trudeau réplique que c’est son parti qui a le bilan le plus complet en matière de bilinguisme. «Le Parti libéral a toujours été le parti du bilinguisme officiel, il a toujours été le parti des minorités linguistiques. Nous allons continuer de l’être», a-t-il fait valoir.

 

La loi sur les langues officielles

Plusieurs intervenants francophones soutiennent que la loi sur les langues officielles est l’une des lois les moins respectées au pays. Le chef libéral a promis qu’il allait changer les choses s’il devient premier ministre.

«Malheureusement au cours des dix dernières années sous M. Harper, cette loi a été ignorée, bafouée et négligée. Nous avons besoin d’avoir un gouvernement pour qui le respect de cette diversité et le respect de nos minorités linguistiques officielles est un principe de base», a insisté Justin Trudeau.

Le député libéral d’Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, va encore plus loin. Celui qui a été Ministre responsable des langues officielles affirme que le Parti conservateur a bloqué l’application de certaines portions de la Loi sur les langues officielles pendant ses différents mandats.

L’article 42 devait permettre de s’assurer que les ministères respectent leurs obligations en matière de langues officielles, mais le gouvernement n’a pas mis en place les mesures nécessaires pour l’appliquer, selon lui. Il qualifie de «farce» la Feuille de route sur les langues officielles du gouvernement conservateur.

«Un gouvernement libéral va faire en sorte que la réglementation qui devait suivre soit appliquée afin de revigorer le plan d’action», a confié Mauril Bélanger. Est-ce une promesse de son parti? «C’est un devoir qui nous appartient», a-t-il simplement répondu.

Selon lui, les changements avancés permettraient de s’assurer de la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles dans les différentes communautés où le fédéral est présent, mais aussi au sein de l’appareil fédéral. Un programme de formation permettant d’accroître le bilinguisme des fonctionnaires serait aussi mis en place, ajoute-t-il.

Au cours des 38 derniers jours, les chefs n’ont pas réellement abordé les dossiers propres aux communautés francophones vivant à l’extérieur du Québec. La liste des dossiers qui les préoccupent est pourtant longue.

À ce sujet, Mauril Bélanger se fait rassurant. «Ça va venir», laisse-t-il tomber, ouvrant du même souffle la porte à des promesses de sa formation politique en cette matière avant la fin de la campagne.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.