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Horwath ne regrette pas le dernier scrutin

TORONTO – Il y a un an, Andrea Horwath sortait amochée et contestée d’un concours électoral qu’elle avait elle-même instigué. Mais la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario ne regrette pas d’avoir fait tomber le gouvernement provincial sur son budget 2014, quand bien même la manœuvre aurait pu lui coûter sa carrière politique.

FRANÇOIS PIERRE DUFAULT
fpdufault@tfo.org | @fpdufault

Reconduite à la tête de sa formation après un vote de confiance de ses militants qui n’était pas gagné d’avance, l’automne dernier, et revenue de l’arrière dans les sondages, ce printemps, l’élue de Hamilton semble être finalement retombée sur ses pattes, après une année qu’elle qualifie elle-même de «tumultueuse».

Et si c’était à refaire, Mme Horwath n’y changerait rien.

«Non. Je n’aurais pas pu appuyer ce budget (l’an dernier). C’était un mauvais budget. Nous en voyons les effets maintenant», a partagé Mme Horwath à #ONfr lors d’un tête-à-tête diffusé le jeudi 11 juin. «Ce fut une année très tumultueuse. Tout ça découle du budget de l’an dernier et de celui qui vient tout juste d’être adopté dans la Législature.»

Le NPD de l’Ontario a récolté 21 sièges à l’Assemblée législative, le soir du 12 juin 2014. Le parti a fait des gains à Oshawa, Sudbury et à Windsor. Mais il a subi de lourdes pertes à Toronto.

Le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a ensuite repris la circonscription de Sudbury lors d’une élection partielle, début février. Une autre perte nette pour les néo-démocrates. Mais des munitions servies à l’opposition sur un plateau d’argent par le parti au pouvoir qui aurait, semble-t-il, eu recours à des pratiques illégales pour investir son candidat.

«Ce que l’élection à Sudbury a démontré, c’est que Kathleen Wynne a fait campagne l’an dernier en projetant une certaine image et qu’elle est maintenant en train de montrer ses vraies couleurs à la population de l’Ontario», a houspillé Mme Horwath. «C’est la première fois qu’un premier ministre est interrogé par la Police provinciale de l’Ontario dans le cadre d’une enquête criminelle. C’est un problème.»

 

Hydro One

Et puis, il y a eu la vente d’Hydro One.

Un dossier qui a fait rebondir Andrea Horwath dans la Législature et qui lui a permis, pour une rare fois, de coiffer ses adversaires dans les sondages.

Avec l’adoption de leur plus récent budget, début juin, les libéraux à Queen’s Park ont mis en branle la privatisation jusqu’à 60% de la société de distribution et de transmission d’électricité Hydro One. La vente pourrait générer des revenus de 4 milliards $ qui seraient ensuite réinvestis dans l’infrastructure de la province.

«C’est un faux dilemme», a relancé Mme Horwath en entrevue. «Il y a plusieurs manières d’engranger les revenus nécessaires pour financer l’infrastructure. Ironiquement, la vente d’Hydro One va réduire nos revenus. À l’heure actuelle, nous recevons (de la société d’État) des centaines de millions de dollars par année que nous réinvestissons dans la santé, l’éducation et l’infrastructure».

La chef du NPD croit qu’il y a d’autres manières de financer l’infrastructure et les transports en commun, notamment une légère hausse des impôts des entreprises, un resserrement des échappatoires fiscaux et le plafonnement des salaires des hauts fonctionnaires dans le secteur public.

Après avoir réclamé sans succès un référendum sur l’avenir d’Hydro One, c’est maintenant sur une mobilisation citoyenne que compte Andrea Horwath pour arrêter une privatisation qui, selon elle, «n’est pas dans le meilleur intérêt des Ontariens».

François Pierre Dufault
fpdufault@tfo.org