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Fin d’une subvention aux bibliothèques de Toronto: craintes d’un impact provincial

Selon les chiffres du Ministère de la Culture, du Tourisme et du Sports, 25 % des établissement en Ontario se servent de la base de données construite par le service de bibliothèque de la ville de Toronto. Pixabay

TORONTO – Les tensions entre la Ville de Toronto et le gouvernement provincial ont atteint un nouveau niveau, alors que le dernier budget provincial a mis fin à une subvention aux bibliothèques de la Ville reine. Toutefois, cette décision ne touchera pas uniquement les gens de Toronto, déplore le Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Le mardi 2 mai, le Toronto Star révélait que la libraire en chef de la Ville de Toronto tirait la sonnette d’alarme dans un échange de courriels avec le directeur général de la municipalité. En cause, une perte de financement provincial de l’ordre de 1,4 million de dollars étalée sur cette année fiscale et sur la suivante.

La subvention disparue était principalement destinée à un programme de développement de contenu des bibliothèques municipales de Toronto en ligne, qui était accessible à tous les Ontariens.

La chef du NPD, Andrea Horwath, croit plutôt que cette décision va affecter tous les Ontariens aux quatre coins de la province puisque le programme est accessible à l’échelle de l’Ontario.

Selon elle, ceux qui souffriront principalement de la disparition de ces fonds sont les Ontariens à faible revenu, les jeunes et aussi les nouveaux arrivants qui utilisent ces bases de données pour apprendre une deuxième langue.

«Les bibliothèques agissent comme égalisateur de notre société et sont un élément clé pour réduire la pauvreté», a-t-elle insisté.

Mme Horwath a renchéri en indiquant que les fonds coupés ne sont pas uniquement pour le programme de développement de contenu en ligne, mais affecteraient l’ensemble des services offerts à Toronto.

«C’est un programme qui est largement utilisé», a indiqué la chef de la troisième formation politique à Queen’s Park.

Selon les chiffres du ministère de la Culture, du Tourisme et du Sport, 25 % des établissement en Ontario se servent de la base de données construite par le service de bibliothèque de la Ville de Toronto.

 

Un programme sous-utilisé, dit la ministre

La ministre de la Culture, du Tourisme et du Sport, Eleanor McMahon, a défendu la décision de son gouvernement en indiquant que par le passé, les fonds qu’allouait la province dans ce programme étaient sous-utilisées.

«Avec la modernisation et l’utilisation grandissante d’internet au travers de la province, nous les avons contactés puisque de moins en moins de personnes allaient sur ce site. Comme c’était sous-utilisé, nous avons discuté pour une réduction des effectifs et de les rééchelonner à la grandeur de la province», a expliqué la ministre McMahon.

La ministre a insisté que le financement de base des bibliothèques de Toronto allait rester intact et que la demande venait de la part des bibliothèques aux quatre coins de la province.

Selon Mme McMahon, il est faux de dire que la décision a été prise puisque le gouvernement est en conflit avec la Ville de Toronto. Pour elle, la question est plutôt de bien gérer les fonds publics alors que l’utilisation de ce programme a diminué de 68 % depuis 2002.

«Ce programme était sous-utilisé et notre préoccupation est de bien dépenser l’argent des payeurs de taxes. Nous voulons bien l’utiliser (…) et nous avons décidé de l’utiliser à la grandeur de la province», a-t-elle souligné.

Depuis le dépôt du dernier budget provincial, la Ville de Toronto critique ouvertement le gouvernement et affirme avoir été oubliée par la province. Pour le maire,  John Tory, les libéraux ont simplement tourné le dos à la métropole canadienne avec leur dernier budget.

Hier, la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, avait affirmé que les relations avec la Ville reine étaient «bonnes».

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72