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Fermeture d’écoles: le gouvernement s’engage à revoir la procédure

La ministre de l’Éducation de l’Ontario, Mitzie Hunter. Crédit image: Maxime Delaquis

TORONTO – Le gouvernement ontarien a annoncé, le mercredi 28 juin, une révision du processus pouvant mener à la fermeture d’écoles en milieu rural et dans le Nord de la province. Une nouvelle accueillie favorablement dans le milieu d’éducation francophone.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

En plus de s’engager à réformer le processus, la ministre de l’Éducation, Mitzie Hunter, a aussi imposé un moratoire auprès de la soixantaine de conseils scolaires ontariens sur les examens pouvant mener à la fermeture d’écoles.

«Notre gouvernement est déterminé à renforcer l’éducation dans les collectivités rurales et du Nord», a assuré la ministre Hunter en conférence de presse, dans une école de Bridgenorth, au nord de Peterborough. 

Mme Hunter ajoute que ce nouveau processus assurera une éducation de meilleure qualité aux jeunes de ces régions.

Cependant, le moratoire ne s’appliquera pas dans deux cas: la création d’un projet d’école conjoint entre un conseil public et un conseil catholique, par ailleurs si la sécurité des élèves est en jeu dans un établissement.

«La province s’engage à étudier minutieusement le processus d’examen des installations destinées aux élèves et à le mettre à jour, en vue d’élargir le processus d’engagement collectif concernant les décisions relatives à la fermeture d’écoles» – Mitzie Hunter

Denis Chartrand, président de l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), voit d’un bon œil ce changement.

«Le processus était correct, mais il était long», a commenté M. Chartrand en entrevue à #ONfr.

Pour lui, une révision du processus pourrait permettre de le simplifier.

«Il faut s’assurer que tous ont leur mot à dire dans le processus. J’espère qu’ils vont simplifier le processus», a-t-il ajouté.

Cette décision fait suite à une consultation du gouvernement dans une dizaine de communautés en Ontario.

 

Un nouveau fonds pour les écoles

En plus d’annoncer une révision de la procédure, Mitzie Hunter injecte 20 millions de dollars dans un nouveau Fonds pour l’éducation en milieu rural et dans le Nord.

La ministre de l’Éducation a annoncé que ces nouvelles sommes viendraient «améliorer l’expérience d’apprentissage des élèves dans les écoles en milieu rural».

«Ce Fonds permettra d’offrir de meilleurs programmes, tels que l’immersion en français, l’éducation artistique et des services d’orientation», a-t-elle assuré.

M. Chartrand se réjouit de l’investissement. Selon lui, les besoins sont importants pour les écoles de langue française en milieu rural et dans les communautés du nord de l’Ontario.

«Il va falloir s’assurer que les francophones aient leur part du gâteau dans les fonds alloués», insiste-t-il.

Le président de l’ACÉPO estime tout de même que ces nouvelles sommes pourront donner un coup de pouce aux écoles.

Le 19 juin dernier, le gouvernement de l’Ontario a annoncé  la mise en chantier de 38 nouveaux projets scolaires, sans qu’aucune nouvelle école francophone ne soit du lot.

 

Une décision électoraliste, croit Patrick Brown

Le chef Parti progressiste-conservateur de l’Ontario (PC de l’Ontario), Patrick Brown, se dit fier d’avoir poussé pour que le gouvernement apporte des changements au processus.

«Il y a plusieurs mois que le PC de l’Ontario demande un moratoire sur la fermeture d’école tant et aussi longtemps que le processus n’est pas revu. Les libéraux les ont laissés tomber et changent soudainement d’avis à moins d’un an des élections», s’est-il exclamé par voie de communiqué.

Patrick Brown croit néanmoins que plusieurs écoles restent en danger à travers la province et déplore que plusieurs centaines d’établissements scolaires aient été fermés depuis 2004.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72