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Des leaders francophones au secours de Madeleine Meilleur

L'avocat Ronald Caza fait partie des signataires de la lettre d'appui à la nomination de Madeleine Meilleur, envoyée à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly. Archives #ONfr

OTTAWA – Dans une lettre envoyée à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, en date du 31 mai, et dont #ONfr a obtenu copie, plusieurs leaders de la communauté francophone, principalement de l’Ontario, apportent leur appui à la nomination de Madeleine Meilleur comme nouvelle commissaire aux langues officielles du Canada.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

«Nous vous écrivons pour souligner notre appui à la nomination de Madeleine Meilleur au poste de Commissaire aux langues officielles. Ce poste de vigile de la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles est d’une importance capitale pour le respect des droits linguistiques de tous les Canadiens et Canadiennes. Nous sommes d’avis que le comité de sélection a fait le choix qui s’impose suite au processus rigoureux qu’il avait mis en place. Madame Meilleur possède les qualités requises pour s’acquitter des fonctions que la Loi lui confie. Tout au long de ses différentes carrières, Madeleine Meilleur a démontré professionnalisme, jugement et surtout, intégrité», peut-on lire dans la lettre cosignée par plus de 90 personnes, majoritairement des Franco-Ontariens de la région d’Ottawa.

Et de poursuivre: «Nous sommes confiants que Mme Meilleur usera de la même approche dans ses fonctions; ces attributs lui permettront de transcender les questions partisanes en faveur du plus grand respect de la loi, du bilinguisme et de la dualité linguistique au Canada.»

Parmi les signataires, l’avocat bien connu de la communauté franco-ontarienne, figure marquante de la lutte contre la fermeture de l’hôpital Montfort, Ronald Caza. Interrogé par #ONfr, ce dernier explique la démarche entreprise par le groupe.

Madeleine Meilleur. (Archives, #Onfr)

«Nous voulions rassurer la ministre Joly de l’appui de la communauté francophone et rappeler le travail de Mme Meilleur. On prend parfois pour acquis que tout le monde la connaît et sait tout le travail qu’elle a fait, mais parfois, il faut l’expliquer, le rappeler…»

Les signataires indiquent souhaiter que la nomination de Mme Meilleur «soit confirmée dans les plus brefs délais.»

 

Une lettre non partisane, assure Me Caza

Parmi les signataires de la lettre, on trouve l’actuel président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, l’écrivain François-Xavier Simard, l’auteure et metteure en scène, Anne-Marie White, les représentants de l’initiative #OttawaBilingue, François Baril et Bernadette Sarazin ou encore, le président de Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Jean Lemay, et la présidente du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), Linda Savard.

Plusieurs noms associés à la lettre sont des proches du Parti libéral du Canada (PLC), comme l’ancienne sénatrice libérale franco-ontarienne, Marie Charrette-Poulin, ou du Parti libéral de l’Ontario, comme Pierre Cyr. Certains sont des contributeurs du PLC, selon les données d’Élections Canada, dont Me Caza lui-même.

Ce dernier rejette toutefois toute partisanerie dans la démarche entreprise avec cette lettre.

«Ce n’est pas parce que tu soutiens le Parti libéral du Canada que tu ne peux pas te prononcer! Madeleine Meilleur a travaillé toute sa vie pour la francophonie ontarienne et canadienne. Elle sera un avantage important pour les minorités francophones hors Québec et anglophones au Québec. Ce serait triste de dire qu’on joue de la politique partisane en l’appuyant, alors qu’on ne fait valoir sa candidature que dans l’intérêt des francophones.»

 

La nomination de Mme Meilleur divise les francophones

Cette lettre démontre, si besoin est, la division créée par la nomination de Mme Meilleur au sein de la communauté francophone de l’extérieur du Québec.

Dans les provinces maritimes et dans l’Ouest, des organismes comme la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL) ou encore l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) ont publiquement exprimé leur malaise face au processus de nomination de la septième commissaire aux langues officielles du Canada, la huitième si on y ajoute l’actuelle commissaire par intérim, Ghislaine Saikaley.

À tel point que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada a dû ajuster sa position ces dernières semaines. Lorsque l’annonce n’était pas encore officielle, l’organisme porte-parole des francophones en milieu minoritaire se disait plutôt satisfait de la nomination de Mme Meilleur. Aujourd’hui, la FCFA insiste pour rencontrer le premier ministre, Justin Trudeau, afin de lui faire part des inquiétudes de ses membres.

L’avocat juge l’opposition à la Chambre des communes responsable de la controverse qui fait actuellement rage autour de la nomination de Mme Meilleur, ancienne ministre libérale du gouvernement de l’Ontario il y a un peu moins d’un an.

«Nous n’avons aucune inquiétude, c’est une tempête dans un verre d’eau et une tentative de l’opposition d’essayer de jouer un jeu politique sur le dos des minorités linguistiques. Ce serait dommage de se passer de quelqu’un comme Madeleine Meilleur, de son expérience et de ses contacts dans la francophonie, pour occuper ce poste», croit Me Caza. «Tout le monde est d’accord pour dire qu’elle ferait un excellent travail et quand elle sera en poste, elle mettra tout le monde d’accord.»

Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de dix ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.