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Des devoirs à refaire

Le rapport du Comité consultatif en matière d’éducation postsecondaire en langue française dans la région du Centre-Sud-Ouest ne doit être qu'une première étape, selon le chroniqueur Serge Miville. Archives, #ONfr

[CHRONIQUE]
Récemment, le rapport du Comité consultatif en matière d’éducation postsecondaire en langue française dans la région du Centre-Sud-Ouest (CCMÉPLFRCSO) a été dévoilé au public. Alors que des dizaines de leaders de la communauté franco-ontarienne se donnent des tapes sur le dos, j’ai plutôt l’impression qu’il faut dénoncer le processus et la myopie de l’exercice.

SERGE MIVILLE
Chroniqueur invité
@Miville

Outre son nom peu élégant, le CCMÉPLFRCSO avait un mandat restrictif et peu de moyens pour donner une solution réelle à l’Ontario français dans le dossier du postsecondaire franco-ontarien. S’il faut saluer le rôle accru que le comité estime que doit jouer le Collège Boréal à Toronto, la «solution» proposée pour le secteur universitaire est, au mieux, lamentable.

Mais ce n’est pas la faute du comité. Son mandat, restreint au Centre-Sud-Ouest, était incapable d’inclure l’ensemble de l’Ontario français dans son étude pour proposer une solution globale et définitive sur le réseau universitaire francophone de la province. En appuyant tout simplement la création d’un Liberal Arts College dans la région, j’ai bien peur que la province aille se laver les mains du dossier et se dire que la mission est accomplie.

Je ne peux être plus clair: toute solution qui n’inclut pas les universités d’Ottawa, Laurentienne, Hearst et Glendon est une demi-mesure et doit être rejetée. Le comité, qui n’a pas été habileté à faire preuve de créativité sur le dossier universitaire, a donc proposé une fausse solution. Pourtant, la société franco-ontarienne mérite mieux que des structures tronquées. Un ou une Franco-Ontarienne a le droit d’aspirer à faire ses études du baccalauréat au doctorat en français dans une institution gérée par la communauté francophone. Le rapport n’apporte pas cette solution.

 

Une première étape

Pire encore, la composition du comité a exclu ceux qui sont sur le front de l’enseignement universitaire. Aucun professeur actif qui enseigne en français n’a été retenu pour faire ce travail. D’après sa propre liste d’intervenants, personne n’a daigné communiquer officiellement avec un professeur pour obtenir son avis sur la question.

Le comité a décidé de faire appel à la haute direction des institutions présentes afin d’obtenir leur avis sur la question. Ce n’est donc pas surprenant que les universités bilingues soient à peine nommées dans le rapport.

Ce comité demeure une première étape, mais non pas l’étape définitive concernant l’enjeu de l’enseignement universitaire en Ontario français. Cette étude, strictement régionale, nous démontre plutôt qu’il est nécessaire de s’activer pour donner un plus grand accès aux études universitaires dans la région de Toronto et de ses environs. Sur ce point, tous sont d’accord.

Une étude globale sur le réseau universitaire en Ontario français est nécessaire, pour ne pas dire qu’il s’agit d’un besoin criant. Celle-ci doit étudier la pertinence de maintenir des institutions bilingues telles qu’elles le sont présentement et faire le point.

En ce moment, la «solution» offerte ne doit pas nous satisfaire. En effet, il faut plutôt retourner faire ses devoirs.

 

Serge Miville est docteur en histoire et chargé de cours en histoire à l’Université Laurentienne.

Note: Les opinions exprimées dans cette chronique n’engagent que son auteur et ne sauraient refléter la position de #ONfr et du Groupe Média TFO.