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Des cours de français offerts aux réfugiés syriens

L'Alliance Française de Toronto estime qu'il est essentiel de ne pas intégrer les nouveaux arrivants uniquement en anglais. Pixabay

TORONTO – Interpellée par la crise des réfugiés syriens, l’Alliance française de Toronto souhaite accueillir gratuitement dans ses classes de français des dizaines d’entre eux. Son directeur général considère que l’apprentissage du français pourrait jouer un rôle clé dans leur intégration au sein de la société canadienne.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Le Canada est un pays bilingue. Le français est essentiel, même si ce n’est pas la langue officielle de l’Ontario. Ça peut être une force supplémentaire pour ces réfugiés dans leur vie sociale ou professionnelle», insiste Thierry Lasserre.

Le directeur de l’Alliance française, un organisme sans but lucratif, a été touché par le drame humain vécu par bon nombre de réfugiés syriens. «L’intégration des citoyens, c’est un de nos cheval de bataille. Chaque organisation francophone doit apporter sa pierre à l’édifice pour les aider», insiste-t-il.

Une cinquantaine de réfugiés syriens pourront bénéficier de cette aide. Cinquante places ont aussi été prévues dans les camps estivaux de l’Alliance pour les enfants de ces réfugiés.

«C’est un budget important, mais qu’on accepte de porter car la cause est importante. J’espère que ça peut réveiller des consciences», lance-t-il. M. Lasserre estime essentiel de ne pas intégrer ces nouveaux arrivants uniquement en anglais. «Si certains parlent déjà anglais, ils pourraient être intéressés à aussi apprendre le français pour être bilingue», dit-il.

 

«Un ajout»

Le gouvernement ontarien compte accueillir une dizaine de milliers de Syriens d’ici la fin de 2016. En offrant de son propre chef des cours de français aux réfugiés, l’Alliance ne se substitue pas aux rôles du gouvernement, assure M. Lasserre. «Ce n’est pas pour pallier à une faillite du gouvernement. C’est un ajout. Si le gouvernement considère que c’est une bonne démarche, il peut nous soutenir pour que ça se poursuive à long terme», souligne-t-il.

Son organisation est actuellement à identifier les réfugiés qui pourraient vouloir se prévaloir de cette offre de cours de langue. Des discussions ont lieu avec le ministère de l’éducation, ainsi que d’autres partenaires en immigration et en éducation, souligne M. Lasserre.

L’automne dernier, Madeleine Meilleur, alors ministre responsable des Affaires francophones, affirmait que l’arrivée de nombreux réfugiés syriens constituait une opportunité pour la communauté de langue française.

«Nous leur prêterons une attention spéciale», avait-elle fait savoir, répondant à une question sur l’accueil en français des réfugiés. Madeleine Meilleur avait alors souligné toute l’importance d’offrir aussi des services en français à ces réfugiés qui pourraient être intéressés à se greffer à la communauté franco-ontarienne.

L’école de langue de l’Alliance française de Toronto forme 6500 étudiants adultes et enfants chaque année. Elle compte cinq campus dans le grand Toronto.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.