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Des aînés franco-ontariens exigent de l’argent neuf du gouvernement

Élizabeth Allard (à droite), présidente de la FARFO et Carmen Gauthier de Retraite active. Crédit image: Étienne Fortin-Gauthier

TORONTO – Les aînés francophones pourraient profiter de l’ouverture de plusieurs centres d’activités de jour, au cours des prochaines années. Mais pour se faire, il faut mettre fin au gel du financement qui a cours, ont soutenu d’une seule voix des groupes d’aînés franco-ontariens, le mercredi 26 avril, à Queen’s Park.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Ça prend du nouveau financement. Certains centres ont fermé et plusieurs francophones doivent aller dans des centres anglophones», a affirmé Élizabeth Allard, présidente de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO). «On est dû pour un dégel et pour une bonne augmentation!», a-t-elle lancé lors d’un entretien avec #ONfr, à quelques heures du dépôt du budget provincial de la province.

Les aînés francophones de la province payent le prix fort de la décision du gouvernement de geler le financement de nouveaux centres de vie active, affirme-t-elle. Incapables de trouver une offre de services dans leur langue, plusieurs aînés se tournent vers les centres anglophones, déplore Mme Allard.

La présidente de la FARFO a partagé ses inquiétudes à l’occasion de l’étude du projet de loi 209 sur les centres de vie active pour personnes âgées. Selon elle, le projet de loi doit davantage refléter les principes de la Loi sur les services en français (LSF).

Les centres de vie active permettent aux aînés de garder un lien fort avec leurs semblables de la communauté francophone, insiste Mme Allard.

«Les centres de vie active permettent de vivre en français dans nos communautés. Ils permettent de conserver notre culture et la santé physique et psychologique de nos aînés» – Élizabeth Allard, présidente FARFO

Elle explique que l’éparpillement de la population francophone constitue un défi et évoque la nécessité de procéder à l’ouverture de petits centres de vie active un peu partout dans la province, particulièrement dans le nord, pour répondre aux besoins d’une population franco-ontarienne vieillissante.

 

Impatience dans Peel-Halton

Depuis cinq ans, des aînés francophones sont mobilisés pour ouvrir un centre de jour pour aînés francophones dans la région de Peel-Halton, comme le révélait #ONfr. Mais ils se butent à des règlements municipaux restrictifs, dénonce Carmen Gauthier, qui mène la lutte depuis plusieurs années.

«On a pas un lieu où on peut offrir tous nos programmes. Et on n’a pas de financement. Mississauga refuse de nous agréer, car 80 % de nos membres n’habitent pas dans la municipalité. Même scénario pour Brampton», dénonce-t-elle. Conséquence: sans agrégation, les aînés francophones ne peuvent pas avoir accès aux locaux rendus disponibles pour l’organisation d’activités pour personnes âgées.

Et si le projet de loi ne s’attaque pas à cette problématique, les aînés francophones de cette région ne pourront pas non plus profiter du dégel du financement pour les centres de vie active, s’inquiète Mme Gauthier. «Pourtant, on est des contribuables, on paye nos taxes!», s’offusque-t-elle.

Elle rêve de l’ouverture d’un centre de vie active francophone, d’ici cinq ans. En attendant, les programmes de ce centre pourraient être offerts dans un lieu loué ou dans un réseau de salles communautaires sur le territoire de Peel-Halton.

 

Une direction bilingue?

Un directeur sera nommé par le gouvernement pour appliquer les objectifs du programme ontarien de centres de vie active. Les acteurs francophones craignent que la personne choisie soit un unilingue anglophone. «Il faut un directeur bilingue», a insisté Mme Allard, lors de sa présentation.

Il est nécessaire de respecter le principe de désignation des postes clés, comme l’appelle la LSF, selon la présidente de la FARFO.

Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.