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Des actions pour l’équité salariale demandées à Queen’s Park

La Coalition pour l’équité salariale de l’Ontario a interpellé les députés ontariens pour demander des actions concrètes. Crédit image: Jean-François Morissette

TORONTO – La Coalition pour l’équité salariale de l’Ontario a interpellé les députés ontariens pour demander des actions concrètes pour s’assurer que les disparités de rémunérations entre les hommes et les femmes disparaissent.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

En moyenne, les femmes sont payées 30 % de moins que leurs homologues de l’autre genre. Pour Fay Faraday, coprésidente de la Coalition pour l’équité salariale de l’Ontario, il est temps d’agir.

«Depuis les années 1960, la disparité salariale entre les hommes et les femmes s’inscrit contre les droits de l’homme», a-t-elle raconté.

«Toute discrimination de salaire est contre la loi» – Fay Faraday.

Même discours chez Jan Borowy, coprésidente de la Coalition.

«Il est temps que le gouvernement pose des actions concrètes pour éliminer les écarts salariaux. C’est le temps de s’attaquer à cette crise humaine», a-t-elle expliqué en point de presse.

Depuis quatre ans, l’Ontario célèbre la journée de l’équité salariale le 11 avril, mais depuis, peu d’actions ont été posées à cet effet, a avancé le groupe.

«Malgré l’énorme écart salarial qui persiste entre les hommes et les femmes en Ontario, le gouvernement n’a pas de plan pour remédier à la situation», a expliqué Jan Borowy.

«Des actions sont nécessaires maintenant», a ajouté la coprésidente de la Coalition.

La Coalition pour l’équité salariale propose un plan en 12 étapes pour remédier à la situation et l’instauration d’une nouvelle loi pour rendre les salaires plus transparents.

La Coalition souhaite également qu’un plan d’action soit mis de l’avant pour mettre fin à la disparité d’ici 2025.

Selon les statistiques avancées par le groupe, les femmes autochtones gagnent en moyenne 57 % de moins que les hommes. Les femmes immigrantes sont également désavantagées et un écart de salaire moyen de 39 % persiste entre les deux groupes.

Selon Patty Coates, de la Fédération du travail de l’Ontario, le gouvernement a maintenant une opportunité en or.

«Pour la première fois en 30 ans, le gouvernement apportera des changements majeurs au Code du travail, il s’agit d’une opportunité à saisir pour mettre fin à l’écart salarial entre les hommes et les femmes.»

 

Des actions déjà en place

La députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Peggy Sattler, a souligné que sur la dernière version de la Sunshine List, seules 25 % des 123 000 personnes présentes étaient des femmes. Selon elle, cela démontre qu’une disparité persiste toujours entre les hommes et les femmes pour avoir accès à de hauts postes dans la fonction publique.

Appelée à se prononcer sur le sujet lors de la période de questions, la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a concédé que l’enjeu était très important.

«Nous avons posé des actions et nous sommes engagés à en poser davantage», a expliqué la première ministre Wynne.

«Nous avons fixé un objectif de 40 % de femmes présentes dans les hauts postes et sur les conseils d’administration pour 2019», a-t-elle ajouté.

La première ministre Wynne a souligné que davantage d’efforts étaient également mis pour encourager les entreprises privées à embaucher des femmes à de hauts postes.

La présidente du Conseil du Trésor, Liz Sandals, a également été interpellée sur le sujet.

«Il y a évidemment du travail à faire, tout le monde le reconnaît. Mais l’Ontario a été un leader dans le domaine pour réduire l’écart salarial dans la fonction publique. Il y a une diminution vis-à-vis des disparités retrouvées dans la Sunshine List de l’an dernier», a-t-elle expliqué en Chambre.

Absence de résultat depuis 14 ans

La députée du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, Laurie Scott, a pour sa part déploré l’absence d’avancée concrète depuis les 14 dernières années.

«Malgré les statistiques effrayantes, le gouvernement a ignoré le problème jusqu’à l’an dernier, où il a mis en place un autre comité. Encore là, il y a des délais et des consultations interminables plutôt que de l’action.»

Le ministre du Travail, Kevin Flynn, a rappelé pour sa part qu’un groupe de travail sur l’enjeu doit se réunir prochainement pour établir un plan d’action.

Le 11 avril marque également le 30e anniversaire de la Loi sur l’équité salariale en Ontario.

Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72